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dimanche 5 juillet 2020

La saga Elloumi

Le champion tunisien de l’export, qui a conquis le monde avec ses câbles automobiles, s’est diversifié dans l’agroalimentaire en utilisant les mêmes recettes: vision, savoir-faire et discrétion.

Coficab Tunisie
L'usine de Coficab

Quiconque a déjà effectué un freinage d’urgence peut probablement remercier le groupe tunisien Elloumi pour la qualité de ses produits. Son vaisseau amiral, Coficab, qui emploie 4 500 salariés, est le numéro deux mondial de la câblerie automobile, avec plus de 15 % de part de marché, dont 45 % en Europe. En 2016, il réalisait un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros exclusivement grâce à ses exportations. Un succès rare à l’échelle du continent: « Si le pays arrive, malgré ses difficultés économiques, à exporter pour 10 milliards d’euros, c’est grâce à des capitaines d’industrie comme la famille Elloumi », se félicite Afif Chelbi, ancien ministre de l’Industrie (2004-2011).

Success-story

Au lendemain de son indépendance, en 1956, la Tunisie cherche à se moderniser. Taoufik Elloumi, petit entrepreneur de Sfax qui s’est lancé dix ans plus tôt, y voit immédiatement une opportunité et devient l’un des plus importants fournisseurs de câbles de la Steg, la société nationale de l’électricité. La réussite déjà patente devient une véritable success-story à la fin des années 1980, lorsque ses fils Faouzi et Hichem, respectivement centralien et polytechnicien, et ses filles Selma et Aouatef, jugeant le marché tunisien trop étroit pour leurs ambitions, font le pari de l’exportation en fournissant le sous-traitant automobile américain Delphi Corporation. « À cette époque, tout était réuni pour se développer en Tunisie. Les multinationales y accéléraient la délocalisation de leurs usines : la loi 72 leur accordait des exonérations fiscales, tandis que la main-d’œuvre y était bon marché et plutôt qualifiée », détaille Hatem Essoussi, directeur de la Promotion des secteurs à technologie évoluée au sein de l’Agence de promotion des investissements étrangers (Fipa).

Rapidement, les deux héritiers identifient d’autres produits à fort potentiel et créent une entreprise pour chaque production : Coficab pour le câble automobile, Cofat pour les systèmes électriques dans les véhicules et Chakira pour le câble électrique et de téléphonie. Fort du savoir-faire unique acquis auprès de l’américain Delphi, le groupe décide de s’implanter au plus près des constructeurs. En 1993, il installe une usine au Portugal, puis suivront le Maroc, la Roumanie, la Serbie, la Chine, le Mexique, les États-Unis, l’Inde et l’Allemagne. En 2008, Faouzi Elloumi assurait que la moitié des câbles en courant continu présents sur les Chrysler aux États-Unis ou sur les Volkswagen et Peugeot en Europe venaient du groupe. Ce succès, la famille Elloumi préfère le savourer discrètement. Aucun de ses membres n’a souhaité répondre à nos questions. Ses détracteurs dénoncent un management opaque et rigide, où même les syndicats sont interdits. « Si le groupe a toujours refusé d’introduire ses sociétés en Bourse, c’est parce qu’il rechigne à se soumettre aux impératifs de transparence », analyse Adel Ayari, économiste et sociologue au think tank Carep (Centre arabe de recherches et d’études politiques).


Culture de l’innovation

Pendant les années Ben Ali, le groupe jouit d’une certaine proximité avec le pouvoir, mais ses dirigeants ont su préserver l’indépendance nécessaire à la conduite de leurs affaires. Pour l’ambassade américaine, dont les câbles diplomatiques ont été révélés par WikiLeaks, l’empire Elloumi est même un modèle à suivre pour le secteur privé tunisien. Après la révolution, la famille a conservé son influence, notamment au sein du patronat tunisien, dont Hichem Elloumi est le premier vice-président, mais aussi dans la sphère politique, où Selma Elloumi, après avoir été élue au Parlement, a été ministre du Tourisme de 2015 à 2018. Son engagement pour l’intérêt général est ancien et s’est manifesté par la promotion des régions défavorisées auprès des groupes étrangers du secteur automobile. « Si la société japonaise Yazaki a investi à Gafsa dès 2009, c’est grâce aux efforts du gouvernement, mais aussi à l’implication d’opérateurs tels que Hichem Elloumi, qui a mis son temps et ses réseaux au service de l’État, ce qui n’est pas forcément évident pour un acteur privé », souligne l’ancien ministre Afif Chelbi.

À l’image de l’ensemble des industriels dans le monde, la pandémie de Covid-19 fait peser une menace soudaine sur les activités du groupe. En Tunisie, le confinement décrété de la fin de mars à la mi-mai a entraîné l’arrêt des usines. Cofat comme Coficab n’ont pas été épargnées, mais leur existence n’est pas remise en cause, même si leurs dirigeants peuvent être légitimement inquiets face à l’effondrement des ventes des constructeurs automobiles en avril (– 55%) et en mai (– 76%). Avant la crise, le groupe avait pris le virage des voitures électriques et autonomes. Dès 2014, Coficab s’était dotée d’un deuxième centre de recherche au Portugal afin de mieux répondre aux besoins des constructeurs. Ces investissements dans le développement de technologies innovantes ont permis à Coficab et Cofat de mettre au point, en partenariat avec le leader allemand de l’équipement automobile, Leoni, une nouvelle génération de câbles utilisée pour la production de l’Audi Q6 e-Tron.

La culture de l’innovation s’inscrit d’ailleurs au cœur de l’ADN du groupe. Au cours des années 1990, le gouvernement avait convaincu ses dirigeants de participer à la redynamisation du secteur agroalimentaire tunisien. Créée pour mettre en valeur un domaine de 224 hectares dans la région du cap Bon, la société Stifen a été l’une des pionnières dans l’adoption d’une technique de surgélation (individual quick frozen) qui permet de surgeler à cœur des fruits en quelques secondes, devenant l’un des fournisseurs de géants comme Danone, Kellogg’s ou encore Andros. « Notre avantage par rapport à la concurrence marocaine ou égyptienne, c’est notre savoir-faire sur la traçabilité, depuis le plant jusqu’au produit fini. Une préoccupation qui vient directement de la câblerie. Que ce soit dans l’automobile ou l’alimentaire, la sécurité du consommateur est primordiale. D’ailleurs, les contrats avec les clients, Danone ou Volkswagen, sont similaires : il faut pouvoir tracer les produits à toutes les étapes de la chaîne de valeur. Et ça, nous savons le faire parfaitement », résume Emna Ben Yahia, responsable vente et marketing chez Stifen.

Troisième génération

Aujourd’hui, l’entreprise agro-industrielle, qui est une référence régionale, réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation (Europe, Moyen-Orient, États-Unis, etc.). Cette dynamique a démarré dès 2007, avec l’installation d’une usine en Égypte. Pendant la crise, si les sites de production ont ralenti leur rythme, l’activité est restée importante, aidée en cela par le mois du ramadan, qui est traditionnellement une période de forte consommation. Depuis 2018, Fatma Rekik, fille de Selma Elloumi Rekik, a pris les rênes de Stifen. Celle qui incarne la troisième génération à la tête des entreprises du groupe a impulsé un virage important au cours des vingt-quatre derniers mois. Désormais, Stifen n’est plus seulement un fournisseur des géants de l’agroalimentaire, elle commercialise ses propres produits finis sous les marques La Fruitière et Furketta.

lundi 29 octobre 2018

Les industries et territoire les plus polluer en Tunisie en NOX

Tunis et Gabes sont les régions du pays les plus polluées par le dioxyde d'azote (NO2), révèlent de nouvelles données satellites de l'Agence spatiale européenne (ESA). 


La région de Tunis et ses nombreuses banlieues autour du gouvernorat sont particulièrement touchées aussi.Un nouveau satellite de l'ESA permet d'étudier et de comparer les sources d'émission de dioxyde d'azote les plus polluantes au monde.


Gabes
Gabes est une ville polluer par le NOX, mais moindre que Tunis

dioxyde d'azote (NO2



Gabès possède une grosse industrie chimique et des phosphates qui sont extrêmement polluants pour l'air et la mer depuis des nombreuses années, tout cela a une influence sur la pollution de l'air. Mais aussi et surtout au grand nombre d'usine chimique sur Gabes. Quand a Tunis "Le trafic est le principal coupable des impacts sur la santé, avec sont port de la Goulette et c'est nombreux axe routier dans la capitale.


Tunis
La capitale est l'endroitle plus polluer en air en Tunisie








dimanche 16 décembre 2012

L’industrie agroalimentaire en 2012 en Tunisie

Les industries agroalimentaires en Tunisie ont un grand potentiel dans les domaines de l’emploi et de l’exportation. Leurs performances restent cependant en-deçà des espoirs. Quelques pistes pour les relancer…

Malgré une évolution globalement positive, les industries agroalimentaires nationales restent très dépendantes des aléas climatiques pour la majorité des cultures pluviales et à l’extérieur des fluctuations du marché mondial.

Le dernier rapport du Centre de commerce international (International Trade Center, Itc) concernant le panorama de l’emploi en Tunisie indique que le secteur de l’agriculture et de la pêche emploie un total de 520.000 personnes, soit 16% de la population totale active en 2012. Il est difficile d’avoir des données sur les emplois indépendamment de la pêche.

Un potentiel d’emploi et d’exportation mal exploité

L’agriculture compte 3 types d’exploitation, dont les exploitations salariales qui comptent sur des agriculteurs saisonniers ou permanents travaillant pour un exploitant agricole ou des exploitations familiales où la terre agricole appartient aux travailleurs ou familles de l’exploitant.

L’industrie agroalimentaire enregistre près de 72.000 emplois et est le troisième secteur manufacturier pourvoyeur d’emploi. 82% de ces emplois se concentrent dans des Pme à capital 100% tunisien dont l’activité est principalement destinée pour le marché local.

Les entreprises totalement exportatrices sont estimées à 14% de l’industrie totale. 92% d’entre-elles sont à capitaux 100% étrangers. Malgré un vrai potentiel de développement vers l’international, plusieurs entrepreneurs peinent à faire le premier pas. Pour cause, de nombreux défis dont l’adaptation du produit aux standards et normes internationaux et l’accès aux marchés. Les entreprises qui adhèrent aux programmes d’appui critiquent le manque de suivi pour la concrétisation des marchés et contrats. De plus, plusieurs Pme ne maîtrisent pas les règles d’exportation, en matière de gestion des stocks, des contacts clients, et en stratégie commerciale et de communication.

Deux filières porteuses: les produits «halal» et du terroir

Les industries agroalimentaires (Iaa) font l’objet d’une politique de modernisation impulsée par le gouvernement.

La politique économique tunisienne encourage l’intégration du pays dans le marché international et la diversification des marchés. Le nombre le plus élevé d’entreprises totalement exportatrices s’enregistre dans l’entreposage de produits frigorifiques et l’industrie des produits de la mer. L’industrie des fruits et légumes et les autres Iaa sont également propices à l’exportation.

Tenant compte des perspectives de développement des marchés et la nature même de la production tunisienne, quant à une utilisation minimale de pesticides, le savoir-faire agricole des régions, la familiarisation avec les concepts «halal», et la diversification des produits agricoles du terroir, il est à noter que tout ceci permet à l’industrie de répondre au potentiel de développement des filières bien spécifiques et à grande valeur ajoutée. Le marché «halal» à lui seul est estimé à 2,3 trillions de dollars de chiffre d’affaires.

L’intégration limitée de la filière oléicole
Par ailleurs, la filière oléicole représente 20% de l’emploi du secteur agricole auquel s’ajoute la transformation industrielle. Pour cause, la domination des exportations de l’huile d’olive, produit emblématique qui représente plus de 42% de la valeur des exportations totales.
Les structures de production, en majorité privées, de petite taille et de type familial représentent près de 29% de l’effectif total des exportations agricoles.

La production de l’olivier intervient également dans d’autres secteurs indissociables, tels que le cosmétique, la savonnerie, l’artisanat avec les bois d’olivier.
Cette tendance participe également à la création de l’emploi régional et la promotion du savoir-faire tunisien. Malgré ce potentiel, l’intégration de la filière oléicole dans d’autres secteurs reste très limitée.

Du point de vue des exportations, l’exploitation des produits oléicoles, malgré l’irrégularité de la production représente 42% de la valeur des exportations totales, suivie par les produits de la mer et les dattes avec respectivement 17% et 11% de la valeur des exportations.
A ces trois produits classiques qui représentent environ 70% du total, s’ajoutent d’autres exportations, moins importantes certes, mais connaissant une certaine régularité. Il s’agit des dérivés des céréales (pâtes et biscuits), les conserves de fruits et légumes avec notamment les conserves de tomates.

Concernant les destinations, l’Union européenne (UE) représente le client le plus important, notamment l’Italie qui attire en moyenne 50% des exportations (principalement l’huile d’olive en vrac). Les exportations vers la Libye sont très irrégulières et passent par des canaux de contrebande, mais peuvent représenter jusqu’à 10%.

Les industries agroalimentaires connaissent ainsi en Tunisie une évolution globalement favorable, malgré la crise économique et la contraction de la demande mondiale en matière d’agro-industrie, avec des performances différenciées selon les produits, assez irrégulières dans le temps, tout en restant fortement dépendantes de leur approvisionnement agricole, lui-même encore sous l’influence des aléas climatiques pour la majorité des cultures pluviales.