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mardi 26 mars 2019

Les services de l'état au service des universités privées


Quand un haut fonctionnaire de l'état sert les intérêts d'une entreprise privée au détriment des services public




Chawki Gabbes

Pour ne pas alerter les services de l'état, l'université et l'intéressé ont décidé d'appeler cela une réunion d'information.


Âpres avoir renoncé et défrayé la chronique en servant de président pour la présidence du comité d’organisation du congrès du parti “Tahya Tounes” un nouveau parti politique qui vient de naître, le voila qu'il sert a nouveau un nouvel acteur financier du monde privé. Il s'appelle Chawki Gaddes, il occupe le poste de président de l'instance nationale de protection des données personnelles, en terme plus clair il est un haut fonctionnaire de l'état, à ce titre il se doit d'être neutre de toute les parties du monde politique et du monde de l'argent.

Il fait parlé de lui en ce moment même ou j'écris ce billet, il a été recruté par l'université privée Paris Tunis Dauphiné qui c'est attaché c'est services pour le recrutement des étudiants pour le cursus. L'université l'utilise pour faire sa publicité à travers un cursus de Délégué a la protection des données soit RGPD qui n'est même pas entré en fonction vu qu'elle n'a pas été votée au parlement. C'est un comble ...

Tout cela au bénéfice d'une université privé et non une université publique sur les deniers publics vu que sont salaire est payer par les contribuable. L'état et ni les instances qui supervise les fonctionnaires n'ont réagi pour le mettre hors d'état de nuire. Il semblerait que dans notre pays, tout fonctionnaire peux occupé un poste dans le privé tout en étant fonctionnaire de la république, apparemment la déontologie n'existe même plus.

Cela m'amène à me demander quelles sont les contreparties. Quel avantage et quel est sont salaire ? C'est enfant vont-il pouvoir faire des études gratuites financées sur les deniers publics vu qu'il est devenu leurs portes-parole pour le cursus ? Va t'il faire du lobbying aupres d'autre fonctionnaire pour servir les intérêts de l'université.

Tout cela amène de la corruption, du clientélisme et une accointance de proximité ou l'état est le dindon de la farce. Les prochaines élections approche, il faudrait mettre hors d'état de nuire ce genre d'énergumène qui porte plusieurs casquettes et sanctionné dorénavant tout manquement a la discipline et c'est obligation si ont veut lutté contre la corruption. Il n'est pas normal dans un pays en 2019 d'avoir des fonctionnaires corrompus qui servent des entreprises privées en toute impunité ! Mais cela existe malheureusement chez nous et je n’imagine même pas que dans un pays moderne d'Europe ce genre de comportement puisse exister, mais en Tunisie tout est permis.



L’université DAUPHINE-TUNIS lance la 2ème session de son certificat Data Protection Officier



Université DAUPHINE-TUNIS






Chawki Gabbes












mardi 19 février 2019

En Afrique francophone, Berlin détrône Paris

La première économie européenne est perçue comme l’un des «partenaires les plus bénéfiques pour le continent africain»





Puissance économique en Afrique francophone



Berlin d’abord... Interrogés pour savoir quelles sont les trois nations dont ils ont la meilleure image, les jeunes leaders d’opinion de huit pays d’Afrique francophone plébiscitent l’Allemagne, en tête du classement, bien avant la France. C’est le cas de 45 % des universitaires, blogueurs, journalistes et autres start-upeurs sondés dans le cadre du nouveau baromètre Africa Leads, établi par l’Institut Immar. En comparaison, Paris n’occupe que le cinquième rang, avec 21 % des suffrages.

Sur les 1 244 influenceurs interrogés pour le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), qui regroupe 80 % des patrons français installés sur le continent, beaucoup avouent voir dans la première économie européenne l’un des « partenaires les plus bénéfiques pour le continent ». Ils la placent juste après la Chine et le Japon et sont 70 % à la citer, quand 53 % évoquent la France.

L’Hexagone se retrouve donc en septième position et l’Allemagne en troisième, au sein d’une liste fermée de dix pays « utiles ». Dans l’esprit de ces jeunes influenceurs, «qui font déjà l’Afrique, et qui, selon une mécanique plus vraie en Afrique qu’en Europe, permettent d’anticiper ce que sera l’opinion publique dans quelques années », comme le rappelle Mohamed El Kalchi, le directeur des études de l’Institut Immar, Paris est devancé par Berlin aussi bien au Maghreb (70 % contre 82 %) qu’en Afrique centrale (44 % contre 75 %) et en Afrique de l’ouest (44 % contre 52 %), les trois zones sur lesquelles porte l’enquête.

Que l’Afrique ait cessé d’être le pré carré des anciennes puissances coloniales n’est pas une nouveauté. Avec ses 3,5 % de croissance annuelle depuis 2017 – la Banque africaine de développement (BAD) prévoit 4 % pour 2019 et 4,1 % pour 2020 –, elle est devenue le relais de croissance des autres continents et concentre tous les espoirs à moyen terme. Si l’offensive asiatique crée du surendettement, le baromètre montre que Pékin reste tout de même bien perçu.

Pour Etienne Giros, président délégué du CIAN, dont l’organisation réalise (hors énergie) 80 % des échanges avec l’Afrique, l’Allemagne récolte les fruits de « la politique d’Angela Merkel depuis deux ans avec son initiative “Compact with Africa”, et de l’image de qualité de ses produits ». A ce volontarisme s’ajouteraient, selon lui, les retombées d’une approche globale. « Comme la Chine et le Japon, l’Allemagne arrive avec des offres intégrées incluant des prestations de services, des infrastructures et un financement », note-t-il, déplorant le fait que la France « valorise moins [ses] réalisations » et qu’elle ne soit « pas assez [offensive] en matière de communication ».

« Histoire très hystérisée »


Ce baromètre est le deuxième coup de semonce adressé à la France, qui, en 2017 déjà, avait perdu son statut de premier fournisseur européen du continent au profit de l’Allemagne. En juin 2018, l’assureur Coface mentionnait aussi « l’érosion continue des parts de marché des entreprises françaises en Afrique », rappelant qu’« alors que les exportations représentaient près de 11 % des flux vers l’Afrique au début du millénaire, leur poids a été divisé par deux en 2017 ».

Si la courbe des parts de marché est mauvaise, « l’afropessimisme » n’est pas pour autant de mise en France. A cet égard, le baromètre du CIAN atteste que les marques tricolores conservent une place de choix dans les esprits. Certes, Toyota est en tête de celles que citent spontanément les jeunes leaders d’opinion, mais, parmi les dix marques les plus appréciées, ils évoquent spontanément quatre françaises (Orange, Total, Renault et Sogea Satom).

Dans le classement par secteur, Orange rafle même la mise pour les télécommunications, et Air France pour l’aérien. Au niveau du secteur bancaire, la Société générale est troisième, et la BNP, cinquième. Pour ce qui est de l’automobile, Peugeot prend la cinquième place. « Notre histoire est très hystérisée et c’est dommage, analyse Patrice Fonlladosa, président du Medef Afrique. « Nous avons des débats comme celui sur le franc CFA qui font beaucoup de mal en termes d’image, et masquent le fait que nos entreprises ont en réalité bien compris les besoins du continent. »

Le responsable patronal observe que ces sociétés savent créer des filiales locales, s’inscrivent dans la durée pour «écrire l’histoire longue des pays où elles se sont implantées ». Cela concerne tant les grands groupes que les PME. « Chez Orange, CIC ou Total, des manageurs locaux ont pris l’initiative sur le développement continental », rappelle-t-il. « Et nous avons de vrais champions qui ont développé des savoir-faire dans le secteur des infrastructures, le numérique ou la téléphonie. Sans parler de la défense, bien sûr. Il y a des secteurs où l’on conserve une vraie avance. Soyons-en fiers », note en écho Etienne Giros, qui salue les installations récentes dans la nouvelle économie, les services, la confiserie ou l’économie verte.

Diane Binder, membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), qui compte parmi les cent leaders économiques de demain de l’Institut Choiseul, plaide pour que ce virage s’accélère et pour que les entreprises hexagonales « viennent financer des projets, pas expliquer ce qu’il faut faire ». Une attitude de rupture qu’elle juge urgente et qui serait la déclinaison économique de la volonté politique affichée par Emmanuel Macron de tisser de nouveaux liens avec l’Afrique ...

jeudi 25 octobre 2018

Le business familial de l'ancien premier ministre Mehdi Jomaa


En famille pour faire des affaires en toute tranquillité

L’ex-ministre du Commerce et ancien Chef du Gouvernement toujours prompt a donné des lecons, aurait usé de son pouvoir pour permettre à ses deux frères d’obtenir une transaction d’une valeur s’élevant à des dizaines de millions de dinars pour leur permettre d’exploiter 3600 hectares dans le gouvernorat de Sfax sous prétexte d’extraire du sel.
Grâce au soutien de plusieurs hommes d’affaires, Mehdi Jomaa est devenu ministre du Comm
erce le 13 mars 2013 sous le gouvernement de Ali Larayedh. Un mois plus tard et plus précisément le 23 avril 2013, Mehdi Jomaa a octroyé à sa sœur et à sa société mais aussi à son frère et son institution, une transaction leur permettant d’exploiter 3600 hectares dans le gouvernorat de Sfax pour extraire du sel. D’ailleurs le JORT a précisé que ce projet a été retiré à un homme d’affaires et accordé à une société intitulée « Tunisian Salt Company ».
Cette société, qui est toujours en cours d’activité,, est une société à responsabilité limitée et au capital de 500 mille dinars. Elle a été fondée le 8 février 2012 par la sœur et le frère de Mehdi Jomaa afin de décrocher la transaction. Son gérant est Mohamed Yaacoub. Cette société se compose de trois sociétés: société « International Trading Strategies » (L.T.S): avec 245 mille dinars détient 49% du capital; Hajer Jomaa: avec 217.5 mille dinars détient 43.5% du capital et Mohamed Yaacoub: avec 37.5 mille dinars qui détient 7.5% du capital.
La société « International Trading Strategies » (L.T.S) qui détient 7.5% du capital de la société « Tunisian Salt Company« , est une société à responsabilité limitée dont le capital s’élève à 80 mille euros, soit l’équivalent de 244 mille dinars tunisiens.


International Trading Strategies se trouve à El Menzah et est la propriété du frère de Mehdi Jomaa, Lotfi Jomaa et de son fils Oussama Jomaa.
Selon le cahier des charges, la société « Tunisian Salt Company » devait extraire 60 mille tonnes de sel à partir de la troisième année de l’entrée en vigueur de la production. La société devait, également, investir dans le projet un montant de 535 mille dinars. 455 mille dinars devaient être consacrés à l’acquisition des matériaux et outils d’extraction en plus de 80 mille dinars pour l’amélioration de l’infrastructure. Toutefois, selon diverses sources, la société ne s’est pas confirmée aux articles de l’accord de la transaction qui exigeaient de Tunisian Salt Company des projets d’investissements dans la région d’une valeur globale s’élevant à 958 mille dinars.

Suite à l’accession de Mehdi Jomaa à la tête du gouvernement, son frère a pu créer 7 sociétés spécialisées dans les pneus, les services pétroliers, les investissements, les commerces et les médias. Ces 7 sociétés en retire des transactions à d’autres sociétés publiques, chose qui a causé leur faillite à l’instar de la « STIP ». Le frère de Mehdi Jomaa incitait les employés de plusieurs sociétés pétrolières à observer des grèves et ce, dans l’objectif que sa société gagne les transactions.

Par ailleurs, Lotfi Jomaa, frère de l’ancien Chef du Gouvernement a créé une société au nom de son fils afin de couvrir des opérations comportant des dépassements. Lotfi Jomaa a été, également, derrière la nomination de l’ancien directeur général de la douane avec qui il avait créé une société commune spécialisée dans les services douaniers. Ces derniers, sont, également, impliqués dans des opérations de commercialisation du Corail....


- Aymen YAKOUB : Directeur général chez Tunisian Salt Company


La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption près du Tribunal de première instance de Tunis a condamné, ce mardi 19 mars 2019,  Lotfi Jomaa, frère de l’ancien chef du gouvernement Mehdi Jomaa, à dix ans de prison ferme et à une amende d’un million neuf cent mille dinars. Un deuxième accusé a écopé de la même sentence.
La troisième accusée dans cette affaire de corruption a été condamnée à 8 ans de prison et à une amende de 37 mille dinars.

vendredi 8 juin 2018

La fuite des cerveaux


Sous l’effet d’une conjonction de facteurs, la fuite des cerveaux vers des pays offrant de meilleures perspectives d’avenir va s’accentuant. Enquête.

Selon l’OCDE, 95 000 Tunisiens ont choisi de faire leur vie ailleurs, principalement en Europe, depuis 2011. Un chifre que contestent les autorités.

Proil des spécialistes expatriés déclarés (2018)
8 200
cadres supérieurs
2 300
enseignants-chercheurs
2 300 ingénieurs
1 000 médecins et pharmaciens
450 informaticiens
SOURCE : OFFICE DES TUNISIENS À L’ÉTRANGER (OTE)


MOTIFS DE DÉPART (2018) Études
48%
Opportunité professionnelle
34%
La situation du pays ne me convient pas
32%
Envie de vivre une nouvelle expérience
28%
Absence de poste correspondant à mes qualiications
13% 


Quitter, est-ce trahir ? » s’interroge Nadia Zargouni, 16 ans, qui a remporté, en partant du thème de l’expatriation, le concours d’éloquence – ouvert aux lycéens – organisé par l’Institut des hautes études commerciales (HEC) de Carthage, en avril. Nadia, qui projette de faire ses études à l’étranger, sait combien le sujet du départ des compétences préoccupe la société tunisienne. « On a tous dans notre entourage des jeunes qui sont partis pour faire carrière. Certains optent même pour des écoles et des filières tunisiennes qui débouchent sur des recrutements à l’étranger », explique Aymen, étudiant en informatique. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de novembre 2017, 95 000 Tunisiens ont choisi, depuis la chute du régime de Ben Ali, en 2011, de faire leur vie ailleurs, dont 84 % en Europe. Il s’agit principalement de diplômés de haut niveau tentés par des perspectives d’avenir plus prometteuses que celles que leur propose la Tunisie. La tendance est mondiale, et le phénomène naturel pour un pays en crise et en mutation, estime le gouvernement, qui rappelle que la Tunisie a connu d’autres vagues de départs, notamment lors de la crise économique de 1986. À l’expression « fuite des cerveaux », Slim Khalbouss, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, préfère celle de « mobilité des compétences » et se demande comment juguler ce phénomène « face à l’attractivité des marchés de l’emploi internationaux ».


Après les ingénieurs, notamment en informatique, et les enseignants- chercheurs, les médecins constituent le plus gros des contingents de ces nouveaux migrants. Et Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, de tirer la sonnette d’alarme sur l’exode des praticiens. Il en va de même pour les ingénieurs, si bien que le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peine à recruter. Mohamed Jaoua, directeur de l’Esprit School of Business, propose, pour pallier cette pénurie, de puiser dans le vivier des étudiants subsahariens en quête de stages et souligne que, de pays de départ, la Tunisie est aussi devenue un pays de destination, avec des flux en provenance du Sud. Une solution qui exige aussi une évolution des mentalités : car, paradoxalement, la Tunisie, qui cherche sa place à l’international, peine à intégrer des compétences étrangères, voire à garder celles qu’elle a formées.

Certains estiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la mobilité étant dans l’ordre des choses. Soit. Mais les candidats au départ dénoncent surtout des conditions de vie en deçà de leurs attentes. « J’ai trimé pendant dix ans pour être confrontée aux mandarins des hôpitaux publics sans pouvoir exercer correctement ma spécialité et sans aucune perspective d’avenir », assène une ancienne radiologue de l’hôpital Charles-Nicolle, à Tunis, en poste depuis janvier à Grenoble. Selon l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), un départ sur trois est motivé par la situation du pays et par une dégradation de la confiance. Ceux qui étaient revenus en 2011 pour des raisons inverses – ils pensaient que la révolution allait assainir le pays et ouvrir des perspectives – ont été très vite échaudés par la bureaucratie et la corruption, et sont repartis tout en clamant leur attachement à la Tunisie. « La crise économique, un système inchangé, la dévaluation du dinar, les conditions salariales ont miné mon enthousiasme. En revenant d’Allemagne, en 2012, j’étais porteur d’un projet, mais je me suis heurté à une telle inertie que j’ai préféré épargner mon énergie », explique Kays, chimiste, qui a choisi le Maroc pour l’avenir de ses enfants et les possibilités offertes par l’industrie pharmaceutique. Les motifs financiers sont aussi déterminants. « Un ingénieur en début de carrière touche 800 dinars [environ 270 euros] en Tunisie et aura d’entrée de jeu 3 000 euros en France », note Mondher Khanfir, spécialiste en innovation et en business developement. De même que le salaire d’un enseignant universitaire – 2 000 à 3 000 dinars – sera multiplié par quatre dans un pays arabe.

Possibilité de reconversion

La tendance à l’exode et son accélération ces dernières années sont notables, même s’il est, selon Samar Louati-Razgallah, présidente de l’Atuge, « difficile de s’accorder sur les chiffres ». Le gouvernement, qui dénombre 17 500 Tunisiens évoluant à l’étranger dans le cadre de la coopération technique internationale, récuse les 95 000 départs depuis 2011 annoncés par l’OCDE, mais il lui est néanmoins difficile de quantifier cette migration puisque les départs ne sont pas assortis d’une déclaration. « La part de jeunes médecins à s’être exilés est passée de 9 % en 2012 à 45 % en 2017. Le mouvement s’est accéléré à partir de 2014. Et concerne désormais des médecins expérimentés, qui prennent le chemin des pays du Golfe ou celui du privé, car l’État est incapable de les payer convenablement », explique Nezih Zghal. Ils seraient, bon an mal an, entre 200 et 300 médecins spécialistes et plus de 1 500 ingénieurs à quitter le pays, principalement pour la France, l’Allemagne ou le Canada. « Ceux qui ont de l’expérience négocient leurs compétences dans les pays du Golfe, mais, depuis 2011, le Maroc est devenu une destination prisée des patrons de PME tunisiens qui ont
choisi de délocaliser, tandis que l’Algérie accueille des agences de communication et des graphistes », précise l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), qui recense 1,2 million de nationaux expatriés, dont 7 % de cadres supérieurs.

Migrer offre aussi à certains une possibilité de reconversion. C’est le cas assez atypique d’Anys Fatnassi, fondateur de l’association Harrouss, The Smart Migrant (« le migrant intelligent »). Après des études de comptabilité qui ne l’enchantaient guère, il s’est installé en Chine pour se spécialiser en gestion de la chaîne logistique (supply chain). Une expertise qui l’a conduit à exercer dans ce secteur pour le compte de la Croix-Rouge, au Kenya. Son sens de l’initiative et de la mobilité lui a permis de se forger une carrière dans la logistique, mais la grande majorité des exilés partent dans le cadre d’une immigration choisie décidée par les pays d’accueil en fonction des besoins du marché de l’emploi. Si bien que 15% à 18%des migrants venus du Maghreb et vivant dans les pays de l’OCDE ont un niveau universitaire. L’augmentation de la demande et des flux tendus dans le digital, le blockchain, la numérisation et l’intelligence artificielle en Europe profitent aux ingénieurs. Ils sont recrutés par l’intermédiaire d’annonces sur les sites spécialisés, de contacts avec les écoles ou, à travers les réseaux sociaux, par des entreprises ou des chasseurs de têtes qui mènent, le temps d’un week-end, des batteries d’entretiens pour cibler les candidats, avec à la clé un contrat de trois ans en bonne et due forme.

Aspects positifs


« En France, on ne dit pas qu’on recrute un bon informaticien, mais “un Tunisien”, en raison de notre excellente réputation en informatique et d’une aisance avec les algorithmes », souligne Mondher Khanfir. Pour les médecins, « réussir un concours d’équivalence ou plus précisément une épreuve de vérification des connaissances permet aux Tunisiens de travailler en France, laquelle recrute en radiologie, en anesthésie-réanimation et en dermatologie. Dans certains cas, l’accord du chef de service en France permet une embauche pour deux ans », précise le dermatologue Moez Ben Salem, qui déplore certains départs, comme celui de l’ancien doyen de la faculté de médecine de Tunis, Ahmed Maherzi, parti s’installer au Canada après avoir été humilié par la police à la suite d’une plainte injustifiée déposée par une étudiante dont la mutation à Tunis avait été refusée. L’exode concerne aussi les enseignants-chercheurs, qui, après une expérience en Tunisie, profitent des offres des universités dans les pays arabes pour donner du poids à leur carrière et accéder a de meilleures conditions de travail en matière de recherche.

Si les autorités relativisent l’ampleur des départs, elles reconnaissent, comme Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, que « les compétences peuvent devenir un pont entre la Tunisie et les pays où elles résident. Ces experts peuvent représenter leur pays à l’étranger et contribuer à l’économie nationale ». Car les Tunisiens expatriés restent attachés à leur pays et attendent des conditions favorables pour envisager un retour. Selon une étude de l’Atuge, 38 % d’entre eux souhaiteraient rentrer pour entreprendre, et 54 %, pour contribuer à l’évolution du pays, tandis que 69 % disent que les amis et la famille leur manquent. « Pour être de nouveau attrayant pour les siens, le pays doit avancer, porter une vision ambitieuse qui générerait de la confiance et susciterait une dynamique positive », explique Anys Fatnassi. La mobilité est dans le tempérament des Tunisiens, mais « les directives et les standards internationaux recommandent aux pays de protéger leurs marchés de l’emploi. Néanmoins, il existe une relation entre migration et développement à la faveur des transferts d’argent et de l’acquisition d’une expertise. La fuite des cerveaux crée un manque provisoire de compétences, mais celui qui part dix ans peut, avec l’expertise acquise, faire gagner cent ans à son retour », souligne Mohamed Belarbi, coordinateur national de projets pour l’Organisation internationale du travail (OIT). Certains ont choisi de ne pas se poser la question du retour mais de rester entre deux rives – « expatriés partout », assène Mondher Khanfir – et de « servir de là où [ils] se trouve[nt] », assure Samar Louati-Razgallah

Témoignage
RETOUR GAGNANT 

Recruté à 23 ans par la Banque Rothschild sur les bancs de la Sorbonne, où il soutenait un master en finances, Ismaïl Ben Sassi, 27 ans aujourd’hui, a renoncé à une brillante carrière pour revenir en Tunisie en 2016 et promouvoir son propre projet. Il a d’abord mis toutes les chances de son côté en préparant à distance, et en partenariat avec le français ABC Bourse, le lancement d’Il Boursa, premier portail boursier et financier du pays, qui vise à donner de la visibilité à la place de Tunis, à attirer les investisseurs et à développer une culture boursière. Ismaïl est intarissable sur les possibilités qu’ofre la Tunisie, mais insiste sur le fait qu’il faut bien préparer son retour. Parti sans réelle intention de revenir, il comprend que les jeunes rêvent de s’exiler, même si la conjoncture ne s’y prête pas. « C’est aberrant de les en empêcher. À terme, on aimerait tous créer de la richesse dans notre pays », argue le patron de start-up. Devenu un acteur incontournable de la scène économique – sa société ne perd pas d’argent et lève des fonds avec succès –, il n’a eu aucune difficulté d’adaptation et profite « d’une bonne qualité de vie et d’opportunités professionnelles ». Misant sur la plus-value apportée par l’expertise, Ismaïl Ben Sassi ouvrira un bureau d’Il Boursa à Casablanca et un autre à Abidjan en juin prochain.



dimanche 11 février 2018

Les entreprises familiales

Le business familial

Créés pour une bonne partie à partir des années 1970, les entreprises et groupes familiaux tunisiens sont à un moment critique de leur histoire : le passage de la 2e à la 3e génération.

Sous la 3e génération des groupes familiaux, l’expérience internationale le démontre bien, le patrimoine bâti par les fondateurs périclite, voire disparaît. Comblé, Haj Youssef Bayahi l’était sans nul doute lorsque Dieu l’a rappelé auprès de lui, en octobre 2007. Car, avant de s’en aller, il avait eu le temps de voir et Taieb – donner une autre envergure au groupe familial dont il a été l’initiateur.
Quelques mois avant le décès du fondateur, ses successeurs avaient notamment conclu, en partenariat avec le groupe Poulina, le rachat des parts de l’État dans Magasin Général, le leader de la grande distribution en Tunisie. De là-haut, M. Bayahi n'a pas fort été déçu depuis par sa progéniture, puisque cette dernière a, au cours des dix dernières années, réussi à faire du groupe familial l’un des plus importants du pays.

Les Bayahi sont donc des gens heureux. Mais pas seulement parce que le business familial n’a cessé de se développer. Surtout, il n’a pas de raisons de ne pas continuer à croître, contrairement à d’autres, puisqu’après avoir reçu le témoin de leur père, les héritiers ont eu la sagesse de commencer à se préparer à le passer à la troisième génération. « Pourtant, nous n’avons pas quatre-vingt-dix ans, ni même soixante-dix », plaisante Taieb le cadet des trois freres.
Néanmoins, sages et avertis et échaudés par des échecs retentissants qu’ont connu d’autres familles entrepreneuriales au moment de la transmission, les Bayahi ont préféré entamer tres tôt leur passage de la deuxième à la troisième génération. Ce qui,  malheureusement, n’est pas le cas de bon nombre d’entreprises et de groupes familiaux.
Soucieux d’éviter des crashs à répétition dans cette composante primordiale du tissu entrepreneurial tunisien, l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) avait décidé de se saisir de cet épineux dossier – combien lourd de conséquences pour l’économie tunisienne – et d’y consacrer la cinquième édition de son Forum de la gouvernance (2 novembre 2017, Tunis).

« La transmission des entreprises familiales est pour nous en Tunisie une question d’actualité  dont l'acuité grandit au fil des générations » justifie Youssef Kortobi, président du Centre tunisien de gouvernance de l’entreprise (CTGE), relevant de l’Institut arabe des chefs d’entreprises.
« Une entreprise est quelque chose qui naît, grandit et puis meurt. Sauf si chacun anticipe sont rajeunissement et sa réinvention », observe Philippe Haspeslagh, président de Family Business network. Ce moment fort délicat peut être assimilé au crash-test auquel on soumet les automobiles.
Lui-même héritier et actionnaire d’une entreprise familiale, M. Haspeslagh déplore : « Souvent, on s’y prend trop tard. » Alors que des études ont démontré « une corrélation négative entre l’âge du capitaine et la performance de l’entreprise ». De plus, « Une entreprise naît sous la 1re génération, grandit sous la 2e et elle est menacée sous la 3e. Et s’il y a discorde, cela peut aller très vite. »


Ayant vu le jour, pour bon nombre d’elles, au lendemain de l’indépendance et, surtout, à partir des années 1970, les entreprises tunisiennes sont entre la 2e et la 3e génération, précise Ahmed leur vie où le risque de disparition est le plus élevé.
Certes, le fait qu’une entreprise fasse partie d’un groupe peut un tant soit peu la mettre à l’abri. Dans les économies comme celles de la Tunisie : « Le succès des groupes familiaux est possible parce qu’ils peuvent attirer du talent, obtenir les meilleurs financement, et generer les relations politiques bien mieux qu’une seule entreprise, à un seul métier, et aussi parce que le marché intérieur est souvent protégé », note le président de Family business network. Mais, ajoute-t-il, « les groupes tunisiens eux-mêmes vont devoir se réinventer ».

La grande majorité des entre- prises et groupes familiaux en est malheureusement loin. C’est ce qui ressort de l’étude réalisée par l'IACE et BDO et présentée par Majdi HAssen, directeur du think tank patronal, Mohamed Derbel, partenaire au sein de ce cabinet d’experts comptables.

Entreprises et groupes familiaux ne sont, en effet, pas du tout ou mal préparés à affronter ce moment crucial de leur vie qu’est la transmission.
Et cela pour diverses raisons. Premièrement, les trente et un dirigeant, dont treize chefs entreprises et groupes familiaux, reconnaissent que la la transmission est un sujet sensible » dont on ne parle pas.

Des freins majeurs. 

Deuxièmement, une fois cet obstacle surmonté, il s’avère que des « freins (difficulté à choisir par les candidats de la famille, absence d’un successeur motivé, entravent la transmission.
Troisièmement, 72 % des entreprises sont insufissament préparées à cette opération parce qu’elles n’ont pas de plan (39 %) ou seulement informel (33 %).
Quatrièmement, même quand frères et sœurs arrivent à discuter de cette épineuse question, seuls 56 % partagent la même vision du déroulement de la transmission.

Les Bayahi eux sont allés très loin dans ce processus. Après avoir décidé de « transmettre tout le groupe à la 3egénération », et estimant que « ce n’est pas parce qu’on est actionnaire que l’on doit tout de suite assumer un rôle de contrôle », les aînés ont décidé très tôt d’affecter les membres de la « première fournée » de la 3e génération à des postes intermédiaires – responsable de ressources humaines, de la production ou du développement d’une société – pour qu’ils fassent leur apprentissage. Ces juniors siègent également à des Comités de suivi stratégique de chacune des entreprises du groupe, au sein desquelles « ils ont le droit de poser au management toutes les questions et se tenir informés ».
En même temps, les aînés ont entamé un dialogue de fond avec les juniors. Avec le soutien d’un coach, car « nous voulions partir du bon pied et ne pas commettre d’erreur »
Dès la première réunion, les représentants de la 3e génération ont dû répondre à une question « extrêmement difficile » : « Pourquoi voulez-vous être ensemble ? Alors qu’à la limite vous avez les moyens, chacun, de prendre un petit bout du groupe et de partir. » Et unanimement les jeunes ont répondu qu’ils veulent rester ensemble « parce qu’ensemble nous pouvons réaliser des choses beaucoup plus importantes et beaucoup plus rapidement, que séparément ». 

Transmission. 

La famille Bayahi va encore plus loin dans la préparation de la transmission, puisque les cadets, aujourd’hui à l’université, reçoivent copie des PV de réunions pour se tenir informés des développements et affaires du groupe.
Pour mettre toutes les chances de son côté dans cette délicate de l’expérience d’un partenaire étranger très expérimenté en matière de transmission : le groupe Auchan, présent au capital de la chaîne de supermarchés Magasin Général. « Ce groupe nous a éclairé de manière extraordinaire sur beaucoup de ses pratiques dans ce domaine », nous révèle l’un des héritiers.
Ce genre de savoir-faire, Ahmed Bouzguenda dont le groupe éponyme est l’un des plus importants - cher à l’étranger. « Il m’est arrivé de suivre des formations sur les entreprises familiales en Europe », indique celui qui est devenu depuis le patron du groupe familial et préside en même temps l’IACE.


D’autres familles ont été prises au dépourvu par le problème de la transmission, parfois parce que le fondateur du groupe familial est décédé avant de régler sa succession. Deux groupes en particulier avec des fortunes diverses : Mheni et Belkhiria.
Après le décès en 1991 d'Ali Mheni, magnat du BTP, ses héritiers se sont déchirés pendant près de dix-huit ans devant les tribunaux au sujet de l’héritage. Les intéressés n’ayant pas pu se mettre d’accord, c’est la justice qui s’est chargé de répartir entre eux les sociétés et le patrimoine amassés par leur père. Conséquence, le grand groupe a été rayé de la carte puisqu’il éclaté en plusieurs morceaux.
Béchir Salem Belkhiria n'a pas eu le temps, lui non plus, de mettre en place sa succession car disparu en novembre 1985, à l’âge de 55 ans. Ses héritiers se sont eux aussi affrontés pendant près de dix ans, non pas sur le partage de l’héritage, mais à propos de « qui est le plus apte à diriger », se remémore  Moez Belkhiria, aujourd'hui président-directeur général.


Le fondateur étant décédé soudainement « alors que nous étions petits, la direction de la société est revenue pendant dix ans au plus âgé », témoigne le patron de BSB Group. Qui trouve un aspet positif à cette méthode – maintien de l’unité de la famille – et un autre négatif – des désaccords entre actionnaires au sujet de la compétence du dirigeant.
Depuis, les héritiers ont compris que la poursuite de leurs désaccords risquait de porter préjudice à l’affaire familiale et que, pour éviter cela, il fallait que le choix du dirigeant se fasse dorénavant sur un seul critère : la compétence. Une fois cette question tranchée, les héritiers ont décidé qu’une introduction en bourse serait le meilleur moyen de concrétiser la solution à laquelle ils ont abouti et d’assurer la pérennité du groupe familial.


Pour Ahmed Bouzguenda le règlement de la transmission des entreprises et groupes familiaux « va au-delà du choix d’un successeur ». Il implique d’apporter des réponses claires à des questions cruciales : que veut-on transmettre – la propriété seulement ou la gestion aussi – ?, comment – du vivant du fondateur ou après sa disparition – ?, que devient le fondateur
une fois la transmission actée ? et, surtout, quelle politique d’emplois des membres de la famille au sein de l’entreprise familiale – fait-on travailler les héritiers dans le business familial ou pas ? Quel que soit le choix fait, « il y a des règles à mettre en place », prévient le président de l’IACE.

Approche. 

Si les héritiers travaillent dans l’entreprise familiale, ces règles visent à éviter que « les autres managers ne soient démotivés ». Au cas où la famille prend l’option contraire, la difficulté consiste à trouver une approche permettant à ces derniers « d’être proches du business sans être dans la gestion quotidienne ».

Mais le problème en Tunisie, « substantiellement la transmission entre la 1re et la 2e génération ne s’est pas faite dans de bonnes conditions. Et même ceux qui ont été introduits en bourse l’ont fait sans être convaincus des mécanismes de l’appel public à l’épargne ».



Pour ABdelkéfi, longtemps directeur général de Tunisie Valeurs qu’il vient de réintégrer, comme président du conseil, après mois par le gouvernement, en tant que ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et, par intérim, des Finances, « la preuve la plus forte » de cela est que lors d’une introduction en bourse et nous nous retrouvons quelque année avec seulement 5%. Car la famille réchete les titres apres.  [la partie des actions susceptibles d’être échangée en bourse] et nous nous retrouvons quelques années rachète les titres après ».
L’obligation d’organiser une transmission entre générations dans laquelle se trouvent les entreprises et groupes familiaux leur fait courir, c’est évident, un grave danger.
C’est pour cette raison que l’Institut arabe des chefs d’entreprises a décidé de les aider à surmonter ces difficultés en continuant à travailler sur ce dossier au cours des trois prochaines années.





lundi 27 novembre 2017

Economie

En panne de stratégie


Le projet de budget 2018 est révélateur des travers du pilotage économique du pays, qui empêchent ce dernier de repartir de l’avant. Car le coût de la lutte antiterroriste n’explique pas tout.

Tout le monde sait qu’en Tunisie la croissance souffre de longueur. Tombée à 1 % en 2016, elle devrait remonter au moins à 2,3% cette année et frôler les 3% en 2018. Trop peu pour résorber un chômage de masse, dont le taux atteint 30 % chez les jeunes diplômés et 22,7 % chez les femmes.

Tout le monde sait que les déficits budgétaire et commercial persistants obligent le gouvernement à emprunter lourdement et que la dette publique devrait tourner autour de trou de la sécurité sociale, réduire les subventions aux carburants et aux produits de première nécessité (sauf pour les plus défavorisés) et lutter contre la corruption. Côté recettes, le FMI juge qu’il convient d’augmenter la TVA sur les biens de consommation, le prix de l’électricité et du gaz, les taxes sur l’alcool, le tabac et les voitures. Il demande un élargissement de l’assiette fiscale.

Le projet de budget 2018 donne l’impression de slalomer entre ces conseils de rigueur, la perspective des élections la formation du gouvernement d’union de Youssef Chahed). On y trouve des mesures de rigueur. Citons pêle-mêle : hausse de 10 points de l’impôt sur les sociétés dans 7 secteurs, taxe conjoncturelle sur les banques et des assurances, hausse de 1 point de la TVA, augmentation des droits de douane, hausse de la taxe sur les assurances et de celle sur la consommation de produits jugés non essentiels, création d’une taxe de nuitée hôtelière...

Le projet présente cependant un volet plus généreux : hausse de 3 % du salaire des fonctionnaires, trois ans d’exemption d’impôt pour les nouvelles entreprises, exonération des cotisations sociales pour les emplois créés dans les zones déshéritées du Sud et de l’Ouest, pas ou peu de réduction des subventions aux produits pétroliers ou alimentaires, rien sur les déficits des entreprises publiques. 

70 % du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre 45 % en moyenne de 2010 à 2014. Le dinar a perdu 18 % de sa valeur face au dollar entre mai 2016 et avril 2017. L’inflation avoisine les 5 % en moyenne annuelle.

Tout le monde sait que la situation n’est pas brillante non plus du côté des entreprises et que le secteur informel représente la moitié de l’économie.  En juin, le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué 314,4 millions de dollars, correspondant à la deuxième tranche de son programme en cours avec la Tunisie, mais en accompagnant cette aide d’un rapport dans lequel il souligne des périls et préconise des remèdes de bon sens.

ZIGZAGS. Il s’agit d’abord de ramener le déficit budgétaire à 3 % et, en matière de dette, de ne pas aller au-delà du pic de 72 % du PIB attendu pour 2018. Ce qui veut dire, côté dépenses, contenir les revendications salariales et réduire les effectifs de la fonction publique, reporter l’âge de la retraite, contraindre les entreprises publiques (toutes déficitaires) à une meilleure gestion, maîtriser le trou de la sécurité sociale, réduire les subventions aux carburants et aux produits de première nécessité (sauf pour les plus défavorisés) et lutter contre la corruption.
Le projet de budget 2018 donne l’impression de slalomer entre ces conseils de rigueur, la perspective des élections à venir et les dissensions de la coalition gouvernementale fondée sur l’accord de Carthage (texte signé le 13 juillet 2016 par les partis politiques et organisations ayant pris part à la deuxième phase du Dialogue national, qui a rendu possible la formation du gouvernement d’union de Youssef Chahed). On y trouve des mesures de rigueur. Citons pêle-mêle : hausse de 10 points de l’impôt sur les sociétés dans 7 secteurs, contribution conjoncturelle des banques et des assu

ESQUISSE. Au bout du compte, le résultat n’est pas fameux. Le budget 2018 demeurerait en hausse de 4,3 %, l’inflation oscillerait entre 5 % et 6 %, le déficit progresserait une fois de plus de 4,9 %... Et il n’est pas sûr que les bonnes récoltes d’olives et de dattes qui s’annoncent et le dynamisme des industries mécaniques suffisent à faire respecter ce budget.

Il ne faut pas trop compter non plus sur les 17,5 milliards de dollars promis fin novembre 2016 par les bailleurs publics et les investisseurs privés lors de la conférence Tunisia 2020 : le FMI prévoit qu’il n’en arrive que la moitié et, de plus, à petite vitesse...

L’esquisse budgétaire est d’autant moins crédible que le monde patronal réuni au sein de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) est vent debout contre elle, alors que le gouvernement affirme l’avoir associé à son élaboration. Le patronat parle de matraquage fiscal qui réduirait les recettes espérées, car il pousserait les entrepreneurs à se réfugier dans l’informel pour y échapper. « Nous allons nous retrouver coincés entre le marteau des impôts et l’enclume des mouvements sociaux », dénonce-t-il en brandissant la menace d’une grève du secteur privé.

Le projet risque d’être donc mis en place au Parlement, sous la poussée conjuguée des entrepreneurs et des différents partis politiques, qui, à l’approche des municipales, voudront caresser l’électorat dans le sens du poil. Il y a gros à parier que les zigzags (entre rigueur et relance) et les expédients (pour ne mécontenter personne) vont se poursuivre.

AU PETIT BONHEUR. Exemple d’incohérence : la Banque centrale a renoncé à inscrire les véhicules et les préservatifs sur la liste des produits non nécessaires, car cela aurait obligé leurs importateurs à consigner l’équivalent de la valeur de ces produits et leur aurait causé un important surcoût. Certes, il était illogique de pénaliser deux produits qui ne sont pas fabriqués en Tunisie, mais il aurait fallu y penser avant. Cette gouvernance économique semble dépourvue de boussole. Les autorités acceptent du bout des lèvres les conseils du FMI et, quand les mesures leur semblent douloureuses, rusent avec les promesses qu’elles lui ont faites. Elles manient au petit bonheur l’accélérateur et le frein, effrayées par le risque de grogne sociale, puis par le risque de faillite. Faudra-t-il que, pour éviter la catastrophe, la Tunisie soit contrainte de faire marcher la planche à billets, comme l’Algérie aux abois ?

Pas de quoi rassurer les investisseurs, pas de quoi créer des emplois, pas de quoi redresser les comptes publics. La seule solution raisonnable serait d’élaborer une loi de finances pluriannuelle, à laquelle seraient associées l’Utica et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Il y aurait enfin un cap intelligible, fixé avec le concours des représentants patronaux et salariés, qui devraient prendre leurs responsabilités face aux mesures de rigueur au lieu de se renvoyer la balle. Ils ne seront pas trop de trois (politiques, patronat et syndicats) pour combattre la fraude fiscale et la corruption, éviter les grèves suicidaires dans le phosphate ou ramener la masse salariale de la fonction publique à des niveaux raisonnables. L’union a fait la force pour tirer la Tunisie de la crise politique. Elle doit être renouvelée. Ce n’est plus d’un prix Nobel de la paix dont le pays a besoin, mais d’un prix d’excellence économique qui le remette sur les rails.

jeudi 26 octobre 2017

Un pays où il fait pas bon à investir

Des administrations d'un autre siecle


Un investisseur étranger malgré toutes ses demandes n'ayant pas reçu sa carte de séjour depuis plus de 3 ans (bien que le dossier fût extrêmement complet) s'est vu refuser son embarquement par la police des frontières malgré sa carte de séjour provisoire pour lui et sa famille... 
Cette famille n'a pas pu se rendre aux funérailles de la grand-mère, car il fallait juste avant de partir régler une somme de plus de 6000 dinars pour frais de pénalité sur le territoire ! Rien que ça me direz vous

Otage d'un système pourri

D'un côté le Ministère de l'Intérieur vous indique entre entre 1 et 3 mois pour l'obtention de la carte de séjour, mais en fait cela prend parfois plus d'un an .... et de l'autre la police aux frontières ne vous laisse pas partir si vous ne l'avez pas en temps et lieu voulu, à moins de vous soutirer de l'argent sous forme d'amendes de retard ! 
Quelle logique dans tout ça ?

Il lui a donc fallu s'acquitter de 6000 dinars et plus pour partir (définitivement) suite à l'incompétence des sous-fifres du Ministère de l'Intérieur ... 
Il faut en gros payer pour les conneries des autres si l'on veut sortir du pays ! 

MORALITÉ : Malgré ce qu’on lui avait dit au 2020 et tout c'est beau discours.... L'état a perdu un investissement de 7 millions d'euros et 280 emplois directs, je ne parle pas des emplois indirects. 

Traité comme une merde à l'aéroport, il ne faut pas s'étonner que les hommes d'affaires ne reviennent plus mettre un pied chez nous même en vacances.

C'est aussi ça l'administration tunisienne en 2017

À bon entendeur Salut !!

Si vous avez connaissance de témoignage et de difficulté au pays merci de m'envoyer vos remarques pour le prochain article.

mercredi 18 janvier 2017

Mauvaise gestion

Exemple dans les entreprises confisquées



Les mafieux associé a la famille regnante de Ben ali ont pu construire une cimenterie sans permis a l'époque du dictateur Ben Ali

Voici un exemple de mauvaise gouvernance. C'est une grosse entreprise qui est une cimenterie qui appartenait à l'ancienne famille régnante du dictateur Ben Ali. Ce fleuron s'appelle Carthage Cement, c'est la Rolls Royce du secteur, il n'y a aucun équivalent en Tunisie à ce jour. La aussi l'état est mauvais gestionnaire par ce que les hommes politiques ne connaissent rien au monde de l'entreprise. Le ministère des Finances à nommer un business man du nom de Radhi Meddeb par ce que celui-ci est du sérail politique. Et sur base de quoi nomme-t-on quelqu’un qui a déjà ça propre entreprise ? Ce n’est sur la base de rien du tout, il faut juste une signature et une carte du parti politique et vous voilà propulsé à la tête d'une entreprise ou l'état possède 41 % de l'actionnariat. Il y a va de la responsabilité politique de mettre de l'ordre dans cette jungle des nominations politique qui ne sert pas l'état et le contribuable.

Pendant trois ans et demi, depuis janvier 2011 jusque aujourd'hui, l’entreprise est gérée par un conseil d’administration où domine les représentants du ministère des Finances et de la Commission de gestion des biens confisqués. Carthage Cement gérée de manière administrative. Comment une entreprise industrielle ne peut pas souffrir un tel mode de gestion ? Qui va éponger les dettes sinon le contribuable qui paye comme un mouton c'est contribution a l'état ?

Chez Carthage Cement il y a un problème de structure capitalistique, avec un investissement de près de 1 milliard de dinars et un capital de 178 millions de dinars. En règle générale, les entreprises doivent avoir des fonds propres équivalant à 40 à 50% de l’investissement. Dans le cas de cette entreprise, l’endettement de l’entreprise est un fardeau de plus de 250 millions d'euros largement au-dessus de ses capacités de production et de remboursement.

De même les associés et actionnaires de référence de l'entreprise prélèvent des intérêts élevés, indépendamment de la situation de l’entreprise. Ces flux d'argent bénéficient à la fois à l’actionnaire privé et à l’Etat qui engrange de l'argent au détriment de la santé économique de l'entreprise !

Comment l’État peut-il admettre que la société qu'il gère puisse se saigner pour lui et engranger des revenus quasiment virtuels? C’est une situation qu'un vrai gestionnaire d'entreprise n’aurait jamais acceptée. En plus de cela, Carthage Cement est confrontée à des problèmes fiscaux relatifs à la gestion antérieure à la confiscation de l’entreprise qui n'ont jamais été apurés au niveau de l'administration des finances, d'où la bienveillance de l'état aux détriments de la concurrence !

Last but not least, en juin 2014, le gouvernement avait levé toute subvention sur l'énergie (hydrocarbures et électricité) utilisée dans la production de ciment, à un moment où le baril de pétrole coûtait 110 dollars. Aujourd’hui, il est à près de 50 dollars. Ce qui veut dire qu’il a perdu près de 60% de sa valeur. Cette baisse aurait donc dû être répercutée pour en faire bénéficier les cimentiers, dont Carthage Cement. Or, la facture énergétique de l’entreprise a augmenté au lieu de baisser, l'état se mettant la différence dans les poches comme d'habitude. La facture représente aujourd’hui, rien que pour la partie électricité, 50 millions de dinars par an. L'entreprise subit donc un surcoût de 25 millions de dinars par an, mais bon ça n'émeut personne.



dimanche 1 janvier 2017

Des militaires à la tête des entreprises publiques

Des nominations en fonction de la couleur du parti politique


Colonel major Sami BEN SIK SALEM, nouveau ProConsul de la République Tunisienne à Toulouse
Colonel major Sami BEN SIK SALEM, nouveau ProConsul de la République Tunisienne à Toulouse

On a du côté du parlement aujourd'hui des affairistes et des politiciens, et maintenant une meute de loups faits sont entrés en politique. Ce sont en faîte des généraux de l'armée. Maintenant que le loup fait partie de la bergerie, il est tout aussi naturel que l'armée fait sont entrée dans le monde des affaires par ce que ceux-ci leur sont devenus des proches du pouvoir. En politisant de fait l'armée comme le fait le gouvernement, ces soldats du pays obtiennent des privilèges qu'il n'aurait jamais eus sous la gouvernance du dictateur Ben Ali. Chose qui est devenu inouï et qui n'aurait jamais du existé, ce gouvernement d'incompétent la fait. Apparemment a l'armée tout est bon pour manger un bout du pouvoir pour se faire une place en politique, quitte même un jour a renversé c'est idiot qui gouverne le pays ....

Ça a commencé par titiller dans ma tette quand j'ai entendu parlé de c’est nomination partisane dans les entreprises publiques et les consulats. En effet, depuis le début de la révolution, les incapables qui gère l'état ne connaissent que la politisation de l'administration publique et chose encore plus pire ce sont des militaires qui gère maintenant des entreprises publiques de nos jours. Comme si le monde de l'entreprise pouvait être gardé comme une caserne, notre soldat peut il réaliser des business plans et administrer une entreprise comme un camp militaire dans le monde de l'entreprise ? Ont a jamais vu
un civil diriger une caserne ou un bataillon, maintenant ont voit de tout en Tunisie.

En 2015, l'ancien ministre de la Santé Saîdi Aidi avait osé nommer un militaire Chokri Tounsi à la tête d’hôpital civil à Sfax. Le résultat fut des grèves à répétition pendant des mois et au final c'était peine perdue puisque celui-ci a dû dégager et n'a jamais exercer c'est fonctions. Les employés et les docteurs de l’hôpital n’ayant jamais accepté que des militaires viennent leur tenir la main à l’hôpital vu que celui ci doit rester un lieu publique et non militaire. Comble de l'ironie, en octobre 2016 le colonel de l'armée demande à reprendre ses fonctions au ministère de la Défense nationale.


Ilyes Mnakbi, colonel de l'armée de l'air va gére une compagnie aerienne debut janvier 2017

En cette fin d'année 2016 à l'heure d'écrire mon billet, on trouve un autre militaire de l'armée de l'air à la tête d'une grosse compagnie aérienne publique sure endettée qui est Tunisair.
Son CV et son cursus professionnel sont en toute logique loin d'être un manager affûté aux techniques de gestion et de commandement d'une entreprise de l'envergure de TUNISIAR. Jusqu'à sa nomination d'aujourd'hui, il était PDG de la Sonaprov (Société Nationale de Protection des Végétaux). Société dont l'objet est : études, traitements et lutte contrent les parasites des cultures, attention donc aux fous rires !

À noter enfin, que la Sonaprov du temps de notre fameux Colonel Monsieur Mnakbi, était bien à l'abri de la digitalisation dont on parle depuis des années puisqu'elle ne dispose pas à ce jour d'un site web et encore moins d'une page FB pour parlé de c'est parasite ! Le total actif de cette gouvernance ne semble pas valoir le prix d'un réacteur de l'un des porteurs de TUNISAIR.

Et toujours dans la médiocrité de ceux qui nous gouverne, ont découvre qu'en 2015 qu' un autre qui était "militaire ou policier"Sami Ben Sik Salem" est nommer consul en France à Toulouse ! Rien que ça me dire vous. Alors que ce militaire n'avait juste qu'un rôle de garde du corps de la nation du président de la République. Que connaît-il du monde du monde diplomatique ? De ses usages et de son fonctionnement ? Ici en Tunisie on devient du jour au lendemain consul en France. Rien moins que ça me dirait vous encore. Mais expliquer moi depuis quand nomme t'ont des militaires pour leurs compétences diplomatique ou économique? Ce genre de situation n'existe que dans les républiques bananières en Tunisie comme en Afrique. À l'heure de la mondialisation et de la diplomatique économiques tous azimuts, les singes de l'état ont un train de retard en matière de développement économique.

Et puis toujours le gouvernement d'incapable nomme un autre militaire Samir Tarhouni consul en Suisse. Celui dirigeait une brigade d'homme du ministere de l'interieur dans la lutte operationnele sur le terrain. Du jours au lendemain du faite du president de l'epoque Moncef Marzouki ce militaire se trouve dans la diplomatie a l'etranger avec le cheque qui va avec. Qu'en pense les cadres et les diplomate qui etudie et qui attende de servir leurs pays et qui voie leurs place squatté par des uniformes.



Samir Tarhouni Colonel du Ministere de l'interieur devenu diplomate du jours au lendemain du fait du président de la république
Que dire des médias qui ne font pas leurs travaux de réflexion et qui sont devenus les portes-voix du gouvernement ? Pas un seul mot dans la presse à propos des militaires qui devienne administrateur des sociétés publiques de l'état. C'est à ce demande si ce pays n'a aucune valeur et ne connaît aucun bon gestionnaire ayant réussi dans le monde des affaires. Que font les syndicats de l'administration publique ? Rien du tout, elle laisse faire ...

Quand ont veut prétendre a être administrateur et dirige une entreprise ont se doit d'avoir de l'expérience et avoir un diplôme en relation avec sont métier et de passer des examens d'entrée. Si vraiment c'est militaire sont si bon pour diriger des entreprises, qu'attend ton pour les employés dans toutes les administrations du pays et toutes les entreprises privés.

En vérité, nos pseudo petit homme politique sont juste la pour politiser et placer leurs hommes de main partout ou ils le peuvent. Peut importe que l'entreprise comme Tunisair croule sous une montagne de dette de 400 millions d'euros, de toute façon c'est le contribuable passera a la caisse.

Les militaires sont là pour défendre le pays et non pour faire perdre de l'argent aux contribuables, leurs places se trouvent dans les casernes. Deja que le pays est en faillite économique, maintenant on a droit à des guignols en uniforme. Nos dirigeants politiques sont des incompétents qui pensent qu'une entreprise peut se diriger comme une armée de béni-oui-oui.

Ce n'est pas en remerciant et nommant c'est copains que l'état montrera l'exemple en matière de gouvernance, ça sera encore plus pire lorsqu'ont verra que les entreprises sus mentionner croulerons encore plus économiquement sous leurs montagnes de dette, bien sûr c'est costumars en costume de politicien ne seront plus la et les nouveaux arrivant fermerons les yeux sur les anciens par ce que ceux-ci ne feront pas mieux que les premiers !


Même la Régie nationale des tabacs et des allumettes n'est pas épargnée

Je ne vous ai parlé que des cas les plus connus mediatiquement mais d'autres cas de militaires sont nommer par decret de du premier ministres et il prette a rire. Monsieur Nezih Boughattas, commandant, est chargé des fonctions de chef de service du transit à la régie nationale des tabacs et des allumettes (ministère de l’économie et des finances). Comme si les allumettes en transit disparaissait sur le chemin et qu'il faille nommer un militaire pour faire face a la contrebande au sein de la Regie du tabac !

Ainsi Monsieur Ridha Djebbi, capitaine, est chargé des fonctions de chef de service de marketing et de contrôle des marchés des produits monopolisés à la régie nationale des tabacs et des allumettes (ministère de l’économie et des finances). Comme si un capitaine de service pouvais comprendre quelque chose au marketing et puis je doute vraiment que ce militaire comprenne vraiment quelque chose aux affaires ....

Pour la seule année 2014, les emplois fictifs explosent aux ministères des Affaires étrangères.

Monsieur Walid Doudech, ministre plénipotentiaire, est chargé des fonctions d'ambassadeur représentant permanent de la République Tunisienne auprès de l'Office des NationsUnies et les institutions spécialisées à Genève. C'est quoi un ministre plénipotentiaire, occupe-t-il un poste ou s’agit 'il d'un poste fictif sans aucune affectation ?


Monsieur Ghazi Jomaa, ministre plénipotentiaire hors classe, est chargé des fonctions d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Tunisienne à Vienne. Bref, un ministre hors classe sans aucune affectation devient ambassadeur plénipotentiaire du jour au lendemain.

Monsieur Mohamed Ali Chihi, conseiller des services publics, est chargé des fonctions d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Tunisienne à Paris. 

Monsieur Mohamed Bougamra, ministre plénipotentiaire, est chargé des fonctions de consul général de la République Tunisienne à Paris. 

Monsieur Mounir Fourati, ministre plénipotentiaire, est chargé des fonctions de directeur adjoint du courrier et de la valise diplomatique à la direction du courrier et des télécommunications au ministère des affaires étrangères. Nous sommes entre les bonnes mains, il faut apparemment un ministre pour transporté la valise diplomatique en Tunisie.
Monsieur Sami Saidi, ministre plénipotentiaire, est chargé des fonctions d'inspecteur adjoint directeur adjoint à l'inspection générale au ministère des affaires étrangères. Je n'ai rien compris dans cet nomination, c'est du charabia de singe.


vendredi 7 octobre 2016

Comment Tunisair a perdu la bataille du ciel

Alors que les premiers départs prévus par le plan de redressement devraient survenir avant la fin de l'année, retour sur les déboires de la compagnie nationale, soutenue à bout de bras par l'État.




Prise en pleine tempête, la compagnie à la gazelle ailée essaie de garder le cap. Après avoir inauguré ses premiers vols vers Montréal en juin, Tunisair se tourne vers l’Afrique avec de nouvelles lignes reliant Niamey et, d’ici à la fin de Tannée, Conakry via Dakar, N’Djamena et Douala. Sa PDG, Sarra Rejeb, plaide aussi pour la réouverture de liaisons à destination de la Libye. Mais c’est avec un remède beaucoup plus difficile à digérer qu’elle va essayer de redonner un peu de souffle à son entreprise. Arrivée à la tête de la compagnie en avril 2015, la patronne met à exécution le plan de sortie de crise validé en 2014 par l’État actionnaire (64,86 % du capital) qui, à l’époque, n'avait toutefois pas exigé sa mise en œuvre.

Ce plan, qui coûtera 130 millions de dinars (52,4 millions d’euros), prévoit le départ de 1000 employés sur les 8 200 que compte Tunisair, la fermeture de lignes déficitaires et une éventuelle recapitalisation boursière à l'horizon 2018. L'objectif est de diminuer de 15 % les charges de l’entreprise. Les premiers départs - 400 négociés et 600 licenciements - doivent intervenir avant la fin de Tannée. Selon un analyste du cabinet Alpha Mena, l'entreprise affiche un ratio de 230 salariés en moyenne par avion, contre 170 pour ses concurrentes. Beaucoup trop, d'autant que les réclamations des usagers, las des retards devenus une norme, des tarifs trop élevés et du service à bord approximatif, se multiplient.

INSTABILITÉ.

Si Tunisair enregistre une hausse de son trafic de 7,4 % sur les sept premiers mois de 2016 par rapport à 2015, la compagnie a pâti, comme toutes les entreprises liées au tourisme, des suites de l'insurrection de 2011 et de l'instabilité sécuritaire qui perdure depuis. Conséquence : moins de touristes, moins de ventes d’allotements et plus de mouvements sociaux, au point que Tunisair peine à retrouver son équilibre financier. Première entreprise publique sous le feu des revendications sociales nées de la révolution, la compagnie nationale s’était, avec l’accord du gouvernement, pliée aux exigences de l'Union générale tunisienne du travail. Elle avait réintégré avec tous les avantages 3 000 salariés qui avaient été embauchés par ses filiales.

La compagnie a alors également dû faire face aux augmentations du prix du carburant et renouveler sa flotte avec l’achat de trois Airbus A330-200 à crédit pour une valeur de 250 millions de dollars. Une situation aggravée par l'achat, en 2009, et l’aménagement d'un Airbus A340-500, estimés à 300 millions de dinars, pour le compte de Tex-président Zine el-Abidine Ben Ali. À ce jour, l'appareil n’a pas trouvé de repreneur. Enfin, la compagnie a subi 50 millions de dinars de pertes après la faillite en 2012 de Mauritania Airways, dont Tunisair détenait 51 % du capital.

Si le groupe affiche 43 milions de dinars de bénéfices pour Tannée 2014, l’embellie est due à l’intervention de l’État. Afin de préserver Tunisair, celui-ci a décidé de ne pas entamer de négociations avec l'Union européenne pour l’ouverture du ciel tunisien. Et il a pris en charge, à la faveur de la loi de finances complémentaire de 2014,165 millions de dinars de dettes contractées auprès de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA). « C'est une subvention et non un gain », tempêtent les petits actionnaires, qui se désolent de voir que la cotation en Bourse de Tunisair n'alarme pas les autorités après avoir atteint 0,63 dinar en septembre 2016, contre 4,9 dinars lors de l’introduction du titre en 2006.
« Le plan de redressement de Tunisair ne sert qu’à reporter l'inéluctable restructuration de la compagnie, dont le mode de gouvernance doit être revu », estime notre analyste du cabinet Alpha Mena. Certains observateurs prédisent que la compagnie pourrait être privatisée. Elle devra alors voler de ses propres ailes.

Une PDG issue du public 

Avant d'être nommée PDG de Tunisair, en avril 2015, Sarra Rejeb était à la tête de la Société des transports de Tunis (autobus, métro léger, chemin de fer). Auparavant, elle avait occupé les postes de directrice des études puis des transports terrestres au ministère des Transports