vendredi 14 décembre 2018

De nouvelles puissances sur le continent africain


La carte des investissements des états souverains en Afrique




carte des investissements en Afrique
carte des investissements en Afrique

mercredi 28 novembre 2018

Des escrocs montent une arnaque financière avec la complicité de l'université privée de SFAX

Chaine de Ponzi



Depuis l'internet et la dématérialisation, des entreprises financière, certaine ont compris qu'il y avait du blé à ce faire avec un public non averti. Ainsi 4 loustics avec un savant marketing surfant sur la révolution du jasmin et plein de couleurs ont réussi a persuader l'institut polytechnique des sciences avancées de Sfax (https://ipsas-ens.net/) de leurs prêter l'auditoire pour leurs ventés les pouvoirs de la finance. Il s’agit d'investir de l'argent en bourse sur le marché du Forex, le tout sous forme de formation sonnante et trébuchante. Il est aussi question recrutement parmi son entourage pour investir dans la société Imarket live. Chaque recrutement fessant l'objet d'un bonus financier, idem pour les formations. C'est à celui qui recrute le plus parmi le public et son entourage qui empochera l’argent de la chaîne du cash.



Imarkets Live Tunisie






Le produit financier et la place de marché sont fournis par la société Imarkets live, creer aux États-Unis. Les parrains africains en Tunisie sont là pour créer une chaîne humaine de Ponzi pour s'enrichir. Le  cerveau et le portefeuille des têtes pensantes sont bien loger à l'étranger. Je précise que les produits Forex sont interdits en France et ailleurs en Europe et qu'ils font l'objet de multiple avertissement par les gendarmes de la bourse. Mais en Tunisie la banque centrale semble dépassée par l’évolution des produits financier et incompétent pour régir le secteur de la bourse en Tunisie. On peut dire qu'ils sont carrément aux abonnés absents. 


Je vous parler un peu du fondateur de Imarkets live, M. Terry 

Chris Terry – CEO iMarketsLive
Chris Terry – CEO iMarketsLive 

Maintenant nous allons voir quelques-uns des faits de cet escroc de haut vol.

  • Christopher Terry était impliqué dans l’arnaque Zeek Rewards fermée par la SEC le 17 Août 2012 pour être système de Ponzi en ligne d’une valeur de 600 millions de dollars.
  • Vous avez déjà entendu parlé de Linda Rashke, en résumé elle avait ouvert une salle de marché en direct dans la quelle des centaines de personnes ont payé d’importantes sommes pour trader avec elle. Cependant, la majorité des personnes qui l’ont rejointe ont perdu d’énormes sommes.
Vous vous demandez c’est quoi le lien avec Imarkets live ?Voilà, Christopher Terry était son partenaire. C’est après l’effondrement de celle ci que Terry a rejoint Zeek Rewards avant de créer Imarkets live. Le fait que les deux premiers soient des arnaques signifie pour moi que Imarkets live l’est aussi.
Pour finir, si votre anglais est assez bon vous pouvez lire 3 plaintes de distributeurs contre Terry.
Vous voila prévenus !

Imarkets Live
Imarkets Live


mardi 6 novembre 2018

Ulysson à Tunis

Recherche témoignage de victime





Ulysson




C'est entreprise Production Audiovisuelle qui escroque les entreprises tunisienne et les jeunes personne et qui s'appelle Ulysson, elle est situer à 7, Rue Mezri, Tunis 1005, Tunisie

Cette entreprise Ulysson a déjà fait deux victimes qui possèdent des sociétés, j'ai rencontré les deux victimes et j'ai pu m'entretenir avec elle. Cette entreprise existe depuis des longues années, elle a une dirigeante qui s'appelle Selma Thabet. Nous recherchons donc des personnes qui ont été en contact avec cette personne Selma et qui se sont fait arnaquer par ses agissement et fausse promesse. D'autres témoignages sont les bienvenus pour comprendre le modus operandi pour compléter l'article en question.  Vous pouvez me contacté via Facebook: https://www.facebook.com/ietunisie/









lundi 29 octobre 2018

Les industries et territoire les plus polluer en Tunisie en NOX

Tunis et Gabes sont les régions du pays les plus polluées par le dioxyde d'azote (NO2), révèlent de nouvelles données satellites de l'Agence spatiale européenne (ESA). 


La région de Tunis et ses nombreuses banlieues autour du gouvernorat sont particulièrement touchées aussi.Un nouveau satellite de l'ESA permet d'étudier et de comparer les sources d'émission de dioxyde d'azote les plus polluantes au monde.


Gabes
Gabes est une ville polluer par le NOX, mais moindre que Tunis

dioxyde d'azote (NO2



Gabès possède une grosse industrie chimique et des phosphates qui sont extrêmement polluants pour l'air et la mer depuis des nombreuses années, tout cela a une influence sur la pollution de l'air. Mais aussi et surtout au grand nombre d'usine chimique sur Gabes. Quand a Tunis "Le trafic est le principal coupable des impacts sur la santé, avec sont port de la Goulette et c'est nombreux axe routier dans la capitale.


Tunis
La capitale est l'endroitle plus polluer en air en Tunisie








jeudi 25 octobre 2018

Le business familial de l'ancien premier ministre Mehdi Jomaa


En famille pour faire des affaires en toute tranquillité

L’ex-ministre du Commerce et ancien Chef du Gouvernement toujours prompt a donné des lecons, aurait usé de son pouvoir pour permettre à ses deux frères d’obtenir une transaction d’une valeur s’élevant à des dizaines de millions de dinars pour leur permettre d’exploiter 3600 hectares dans le gouvernorat de Sfax sous prétexte d’extraire du sel.
Grâce au soutien de plusieurs hommes d’affaires, Mehdi Jomaa est devenu ministre du Comm
erce le 13 mars 2013 sous le gouvernement de Ali Larayedh. Un mois plus tard et plus précisément le 23 avril 2013, Mehdi Jomaa a octroyé à sa sœur et à sa société mais aussi à son frère et son institution, une transaction leur permettant d’exploiter 3600 hectares dans le gouvernorat de Sfax pour extraire du sel. D’ailleurs le JORT a précisé que ce projet a été retiré à un homme d’affaires et accordé à une société intitulée « Tunisian Salt Company ».
Cette société, qui est toujours en cours d’activité,, est une société à responsabilité limitée et au capital de 500 mille dinars. Elle a été fondée le 8 février 2012 par la sœur et le frère de Mehdi Jomaa afin de décrocher la transaction. Son gérant est Mohamed Yaacoub. Cette société se compose de trois sociétés: société « International Trading Strategies » (L.T.S): avec 245 mille dinars détient 49% du capital; Hajer Jomaa: avec 217.5 mille dinars détient 43.5% du capital et Mohamed Yaacoub: avec 37.5 mille dinars qui détient 7.5% du capital.
La société « International Trading Strategies » (L.T.S) qui détient 7.5% du capital de la société « Tunisian Salt Company« , est une société à responsabilité limitée dont le capital s’élève à 80 mille euros, soit l’équivalent de 244 mille dinars tunisiens.


International Trading Strategies se trouve à El Menzah et est la propriété du frère de Mehdi Jomaa, Lotfi Jomaa et de son fils Oussama Jomaa.
Selon le cahier des charges, la société « Tunisian Salt Company » devait extraire 60 mille tonnes de sel à partir de la troisième année de l’entrée en vigueur de la production. La société devait, également, investir dans le projet un montant de 535 mille dinars. 455 mille dinars devaient être consacrés à l’acquisition des matériaux et outils d’extraction en plus de 80 mille dinars pour l’amélioration de l’infrastructure. Toutefois, selon diverses sources, la société ne s’est pas confirmée aux articles de l’accord de la transaction qui exigeaient de Tunisian Salt Company des projets d’investissements dans la région d’une valeur globale s’élevant à 958 mille dinars.

Suite à l’accession de Mehdi Jomaa à la tête du gouvernement, son frère a pu créer 7 sociétés spécialisées dans les pneus, les services pétroliers, les investissements, les commerces et les médias. Ces 7 sociétés en retire des transactions à d’autres sociétés publiques, chose qui a causé leur faillite à l’instar de la « STIP ». Le frère de Mehdi Jomaa incitait les employés de plusieurs sociétés pétrolières à observer des grèves et ce, dans l’objectif que sa société gagne les transactions.

Par ailleurs, Lotfi Jomaa, frère de l’ancien Chef du Gouvernement a créé une société au nom de son fils afin de couvrir des opérations comportant des dépassements. Lotfi Jomaa a été, également, derrière la nomination de l’ancien directeur général de la douane avec qui il avait créé une société commune spécialisée dans les services douaniers. Ces derniers, sont, également, impliqués dans des opérations de commercialisation du Corail....


- Aymen YAKOUB : Directeur général chez Tunisian Salt Company


La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption près du Tribunal de première instance de Tunis a condamné, ce mardi 19 mars 2019,  Lotfi Jomaa, frère de l’ancien chef du gouvernement Mehdi Jomaa, à dix ans de prison ferme et à une amende d’un million neuf cent mille dinars. Un deuxième accusé a écopé de la même sentence.
La troisième accusée dans cette affaire de corruption a été condamnée à 8 ans de prison et à une amende de 37 mille dinars.

mardi 31 juillet 2018

Le meilleur photographe de Tunisie

Photographe de mode et de mannequinat




Avec Amel qui est devenue une mannequin internationale grâce au travail photo de Soufian Parisi. Elle est inscrite actuellement dans son book photo.


Cet été, parlons business dans le domaine du mannequinat et cette série commence par le portrait d'un photographe tunisien. Soufian Parisi est célèbre dans le monde du mannequinat pour c'est photo d'agence de mannequins à l'étranger et de mode, prise dans les rues de Tunis, Sousse, Port El kantaoui, celui-ci attire toujours le regard des curieux dans les ruelles. Cette photo est aussi célèbre que les autres grands photographes étrangers. Soufian collabore avec des agences de mannequinat a l'étranger, Bruxelles, New York qui envoie des filles ou qui lui demande de réalisé des portraits de rue pour illustré les books des mannequins. Paris fut pour lui une consécration pour des couvertures une des plus célèbres couvertures du magazine photo. Ces autres photographies moins connues valent également le détour en Tunisie. À c'est début en Tunisie en vacance, celui passe le plus claire de sont temps a visité des endroits et des sites archéologiques. Au fil des ans il a collectionné une importante bibliothèque photo qu'il donne gratuitement dans le monde entier sur Flickr comme image d'un instant dans la vie du pays. Tout un chacun pour télécharger c'est photo, mais na pas le droit d'en faire un usage commercial.


Puis au fil des années celui-ci avec des collègues étrangers lance une agence de mannequins différente de ce qu'ont connaît en Tunisie : "Ici ce n’est pas la retouche photo qu'ont cherché chez le mannequin, ont cherché plutôt ça photogénie ou sont aura, le mannequin doit être quelqu’un de différent en photo que dans la vie reel. Il faut que le spectateur voie dans le mannequin quelqu’un dont il le fasse rêver. Il faut que la photo au moment où elle prise avec le mannequin soit scénarisée et qu'elle raconte quelque chose. Beaucoup de mes confrères étrangers ne comprennent pas le langage du mannequinat.


D'ailleurs Soufian a des anecdotes à nous raconter à propos des concours de mannequinat en Tunisie. Il a refusé plusieurs mannequins qui ne correspondait pas au standar du métier et ceux-ci ont été accepté par la concurrence par Élite model look ! Chose incroyable pour ce talentueux photographe qui n'arrive pas comprendre pourquoi prendre des personnes qui ne sont pas bonnes en termes d'image. En tout cas le célèbre photographe en parle avec les autres mannequins de l'agence de cet anomalie de la part d'une des plus grandes agences de mannequins du monde ! Comme on le dit souvent, il faut de tout pour faire un monde, et la Tunisie n'échappe à cette règle.

Nous lui avons demandé de nous donné quelque photo de la Tunisie et des mannequins qu'il a formés sur le marché tunisien qui ont commencé tout en bas de l'échelle et qu'il a coaché et qui ont réussi en Tunisie et a l'étranger.



Louna a 11 ans et elle a deja tout une grande, elle sera un jours un grand mannequin international.


Il est aussi bon de rappeler qu'il est approché pour collaborer avec des photographes étrangers français sur des portraits photo. Il faut dire que pour ce célèbre et talentueux photographe du mannequinat la photographie des hommes et des femmes est une passion. C'est étude de photographie il les a commencés a Bruxelles en noir et blanc, avec un travail de fin d'études sur le mannequinat avec sont frère comme modele:" Il me fallait quelqu’un, j'étais jeune et mon frère est un play-boy qui a fait la couverture de Gael, avec un portrait sur plusieurs pages en couleur sur sont métier de mannequin. Je vous le dis, quand j'étais jeune je ne comprenais presque rien à la phographie, dans nos têtes d'étudiant tout était un rapport de couleurs noir et blanc, développement photo et résultat auprès de notre professeur de photographie qui était une belle femme a mes yeux déjà. Je la regardais elle par ce qu’en plus d'être belle, elle était sans pitié avec nous les pauvres étudiants. Cela dit mes débuts avec un appareil photo en en mode manuel, nous n'avions pas les appareils numériques qu'ont trouve dans le commerce ou il suffit d'appuyer sur un bouton pour faire une photo. Avant il fallait calculer tout et régler les ouvertures de l'objectif et puis encore développer les photos en noir et blanc avec des temps de pause pour obtenir un bon noir.


Et avec l'avènement du numérique, j'ai du prendre des cours de retouche photo sur internet, il ma quand même fallut 8 ans pour en arriver la et maîtriser quelque technique de touche sur Photoshop et lighroom. Et encore aujourd'hui je continue et fais des erreurs, comme quoi on n’a jamais fini d'apprendre. Il y a une chose que je ne veux pas faire comme les 90 % de photographe c'est de faire le même genre de photo, mes photos sont toute différente et ont s'en lasse pas de les regardé.


Sabri a commencé en tant que débutant avec le photographe, celui est devenu professionnel grâce au coaching de Soufian


Soufian Parisi a été élu par un jury de professionnel de la photo en Tunisie et du marketing qui l'a élu a l'uninamité comme le meilleur photographe de mode Tunisie cet été 2018. J'ai reçu beaucoup de demande d'exposition pour mes oeuvres photo, on me demande toujours si ça m'intéresse pas. Je réponds toujours que le meilleur endroit pour exposé c'est internet, moi mes photos je les mets a disposition du monde entier et chacun peut les utilisés sans but commercial et lucratif. Il faut apprendre a liberté l'image, elle doit pas resté caché dans un disque dur. C'est photo du pays et des gens que je côtoie dans les shooting photo serviront un jour à d'autres photographes dans 100 ans.

Son dicton en photo: Je peux transformé n'importe qu'elle fille que je prends en photo en princesse.

Vous pouvez retrouvé les photos de mannequinat et c'est ouvre à travers l'agence MT: www.mannequintunisie.com

Ses oeuvres photo artistiques sont à suivre sur instagram: https://www.instagram.com/mannequintunisie/

On peut contacter Soufian via son compte instagram personnel
: https://www.instagram.com/prince_de_la_tunisie/




vendredi 8 juin 2018

La fuite des cerveaux


Sous l’effet d’une conjonction de facteurs, la fuite des cerveaux vers des pays offrant de meilleures perspectives d’avenir va s’accentuant. Enquête.

Selon l’OCDE, 95 000 Tunisiens ont choisi de faire leur vie ailleurs, principalement en Europe, depuis 2011. Un chifre que contestent les autorités.

Proil des spécialistes expatriés déclarés (2018)
8 200
cadres supérieurs
2 300
enseignants-chercheurs
2 300 ingénieurs
1 000 médecins et pharmaciens
450 informaticiens
SOURCE : OFFICE DES TUNISIENS À L’ÉTRANGER (OTE)


MOTIFS DE DÉPART (2018) Études
48%
Opportunité professionnelle
34%
La situation du pays ne me convient pas
32%
Envie de vivre une nouvelle expérience
28%
Absence de poste correspondant à mes qualiications
13% 


Quitter, est-ce trahir ? » s’interroge Nadia Zargouni, 16 ans, qui a remporté, en partant du thème de l’expatriation, le concours d’éloquence – ouvert aux lycéens – organisé par l’Institut des hautes études commerciales (HEC) de Carthage, en avril. Nadia, qui projette de faire ses études à l’étranger, sait combien le sujet du départ des compétences préoccupe la société tunisienne. « On a tous dans notre entourage des jeunes qui sont partis pour faire carrière. Certains optent même pour des écoles et des filières tunisiennes qui débouchent sur des recrutements à l’étranger », explique Aymen, étudiant en informatique. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de novembre 2017, 95 000 Tunisiens ont choisi, depuis la chute du régime de Ben Ali, en 2011, de faire leur vie ailleurs, dont 84 % en Europe. Il s’agit principalement de diplômés de haut niveau tentés par des perspectives d’avenir plus prometteuses que celles que leur propose la Tunisie. La tendance est mondiale, et le phénomène naturel pour un pays en crise et en mutation, estime le gouvernement, qui rappelle que la Tunisie a connu d’autres vagues de départs, notamment lors de la crise économique de 1986. À l’expression « fuite des cerveaux », Slim Khalbouss, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, préfère celle de « mobilité des compétences » et se demande comment juguler ce phénomène « face à l’attractivité des marchés de l’emploi internationaux ».


Après les ingénieurs, notamment en informatique, et les enseignants- chercheurs, les médecins constituent le plus gros des contingents de ces nouveaux migrants. Et Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, de tirer la sonnette d’alarme sur l’exode des praticiens. Il en va de même pour les ingénieurs, si bien que le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peine à recruter. Mohamed Jaoua, directeur de l’Esprit School of Business, propose, pour pallier cette pénurie, de puiser dans le vivier des étudiants subsahariens en quête de stages et souligne que, de pays de départ, la Tunisie est aussi devenue un pays de destination, avec des flux en provenance du Sud. Une solution qui exige aussi une évolution des mentalités : car, paradoxalement, la Tunisie, qui cherche sa place à l’international, peine à intégrer des compétences étrangères, voire à garder celles qu’elle a formées.

Certains estiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la mobilité étant dans l’ordre des choses. Soit. Mais les candidats au départ dénoncent surtout des conditions de vie en deçà de leurs attentes. « J’ai trimé pendant dix ans pour être confrontée aux mandarins des hôpitaux publics sans pouvoir exercer correctement ma spécialité et sans aucune perspective d’avenir », assène une ancienne radiologue de l’hôpital Charles-Nicolle, à Tunis, en poste depuis janvier à Grenoble. Selon l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), un départ sur trois est motivé par la situation du pays et par une dégradation de la confiance. Ceux qui étaient revenus en 2011 pour des raisons inverses – ils pensaient que la révolution allait assainir le pays et ouvrir des perspectives – ont été très vite échaudés par la bureaucratie et la corruption, et sont repartis tout en clamant leur attachement à la Tunisie. « La crise économique, un système inchangé, la dévaluation du dinar, les conditions salariales ont miné mon enthousiasme. En revenant d’Allemagne, en 2012, j’étais porteur d’un projet, mais je me suis heurté à une telle inertie que j’ai préféré épargner mon énergie », explique Kays, chimiste, qui a choisi le Maroc pour l’avenir de ses enfants et les possibilités offertes par l’industrie pharmaceutique. Les motifs financiers sont aussi déterminants. « Un ingénieur en début de carrière touche 800 dinars [environ 270 euros] en Tunisie et aura d’entrée de jeu 3 000 euros en France », note Mondher Khanfir, spécialiste en innovation et en business developement. De même que le salaire d’un enseignant universitaire – 2 000 à 3 000 dinars – sera multiplié par quatre dans un pays arabe.

Possibilité de reconversion

La tendance à l’exode et son accélération ces dernières années sont notables, même s’il est, selon Samar Louati-Razgallah, présidente de l’Atuge, « difficile de s’accorder sur les chiffres ». Le gouvernement, qui dénombre 17 500 Tunisiens évoluant à l’étranger dans le cadre de la coopération technique internationale, récuse les 95 000 départs depuis 2011 annoncés par l’OCDE, mais il lui est néanmoins difficile de quantifier cette migration puisque les départs ne sont pas assortis d’une déclaration. « La part de jeunes médecins à s’être exilés est passée de 9 % en 2012 à 45 % en 2017. Le mouvement s’est accéléré à partir de 2014. Et concerne désormais des médecins expérimentés, qui prennent le chemin des pays du Golfe ou celui du privé, car l’État est incapable de les payer convenablement », explique Nezih Zghal. Ils seraient, bon an mal an, entre 200 et 300 médecins spécialistes et plus de 1 500 ingénieurs à quitter le pays, principalement pour la France, l’Allemagne ou le Canada. « Ceux qui ont de l’expérience négocient leurs compétences dans les pays du Golfe, mais, depuis 2011, le Maroc est devenu une destination prisée des patrons de PME tunisiens qui ont
choisi de délocaliser, tandis que l’Algérie accueille des agences de communication et des graphistes », précise l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), qui recense 1,2 million de nationaux expatriés, dont 7 % de cadres supérieurs.

Migrer offre aussi à certains une possibilité de reconversion. C’est le cas assez atypique d’Anys Fatnassi, fondateur de l’association Harrouss, The Smart Migrant (« le migrant intelligent »). Après des études de comptabilité qui ne l’enchantaient guère, il s’est installé en Chine pour se spécialiser en gestion de la chaîne logistique (supply chain). Une expertise qui l’a conduit à exercer dans ce secteur pour le compte de la Croix-Rouge, au Kenya. Son sens de l’initiative et de la mobilité lui a permis de se forger une carrière dans la logistique, mais la grande majorité des exilés partent dans le cadre d’une immigration choisie décidée par les pays d’accueil en fonction des besoins du marché de l’emploi. Si bien que 15% à 18%des migrants venus du Maghreb et vivant dans les pays de l’OCDE ont un niveau universitaire. L’augmentation de la demande et des flux tendus dans le digital, le blockchain, la numérisation et l’intelligence artificielle en Europe profitent aux ingénieurs. Ils sont recrutés par l’intermédiaire d’annonces sur les sites spécialisés, de contacts avec les écoles ou, à travers les réseaux sociaux, par des entreprises ou des chasseurs de têtes qui mènent, le temps d’un week-end, des batteries d’entretiens pour cibler les candidats, avec à la clé un contrat de trois ans en bonne et due forme.

Aspects positifs


« En France, on ne dit pas qu’on recrute un bon informaticien, mais “un Tunisien”, en raison de notre excellente réputation en informatique et d’une aisance avec les algorithmes », souligne Mondher Khanfir. Pour les médecins, « réussir un concours d’équivalence ou plus précisément une épreuve de vérification des connaissances permet aux Tunisiens de travailler en France, laquelle recrute en radiologie, en anesthésie-réanimation et en dermatologie. Dans certains cas, l’accord du chef de service en France permet une embauche pour deux ans », précise le dermatologue Moez Ben Salem, qui déplore certains départs, comme celui de l’ancien doyen de la faculté de médecine de Tunis, Ahmed Maherzi, parti s’installer au Canada après avoir été humilié par la police à la suite d’une plainte injustifiée déposée par une étudiante dont la mutation à Tunis avait été refusée. L’exode concerne aussi les enseignants-chercheurs, qui, après une expérience en Tunisie, profitent des offres des universités dans les pays arabes pour donner du poids à leur carrière et accéder a de meilleures conditions de travail en matière de recherche.

Si les autorités relativisent l’ampleur des départs, elles reconnaissent, comme Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, que « les compétences peuvent devenir un pont entre la Tunisie et les pays où elles résident. Ces experts peuvent représenter leur pays à l’étranger et contribuer à l’économie nationale ». Car les Tunisiens expatriés restent attachés à leur pays et attendent des conditions favorables pour envisager un retour. Selon une étude de l’Atuge, 38 % d’entre eux souhaiteraient rentrer pour entreprendre, et 54 %, pour contribuer à l’évolution du pays, tandis que 69 % disent que les amis et la famille leur manquent. « Pour être de nouveau attrayant pour les siens, le pays doit avancer, porter une vision ambitieuse qui générerait de la confiance et susciterait une dynamique positive », explique Anys Fatnassi. La mobilité est dans le tempérament des Tunisiens, mais « les directives et les standards internationaux recommandent aux pays de protéger leurs marchés de l’emploi. Néanmoins, il existe une relation entre migration et développement à la faveur des transferts d’argent et de l’acquisition d’une expertise. La fuite des cerveaux crée un manque provisoire de compétences, mais celui qui part dix ans peut, avec l’expertise acquise, faire gagner cent ans à son retour », souligne Mohamed Belarbi, coordinateur national de projets pour l’Organisation internationale du travail (OIT). Certains ont choisi de ne pas se poser la question du retour mais de rester entre deux rives – « expatriés partout », assène Mondher Khanfir – et de « servir de là où [ils] se trouve[nt] », assure Samar Louati-Razgallah

Témoignage
RETOUR GAGNANT 

Recruté à 23 ans par la Banque Rothschild sur les bancs de la Sorbonne, où il soutenait un master en finances, Ismaïl Ben Sassi, 27 ans aujourd’hui, a renoncé à une brillante carrière pour revenir en Tunisie en 2016 et promouvoir son propre projet. Il a d’abord mis toutes les chances de son côté en préparant à distance, et en partenariat avec le français ABC Bourse, le lancement d’Il Boursa, premier portail boursier et financier du pays, qui vise à donner de la visibilité à la place de Tunis, à attirer les investisseurs et à développer une culture boursière. Ismaïl est intarissable sur les possibilités qu’ofre la Tunisie, mais insiste sur le fait qu’il faut bien préparer son retour. Parti sans réelle intention de revenir, il comprend que les jeunes rêvent de s’exiler, même si la conjoncture ne s’y prête pas. « C’est aberrant de les en empêcher. À terme, on aimerait tous créer de la richesse dans notre pays », argue le patron de start-up. Devenu un acteur incontournable de la scène économique – sa société ne perd pas d’argent et lève des fonds avec succès –, il n’a eu aucune difficulté d’adaptation et profite « d’une bonne qualité de vie et d’opportunités professionnelles ». Misant sur la plus-value apportée par l’expertise, Ismaïl Ben Sassi ouvrira un bureau d’Il Boursa à Casablanca et un autre à Abidjan en juin prochain.