vendredi 8 juin 2018

La fuite des cerveaux


Sous l’effet d’une conjonction de facteurs, la fuite des cerveaux vers des pays offrant de meilleures perspectives d’avenir va s’accentuant. Enquête.

Selon l’OCDE, 95 000 Tunisiens ont choisi de faire leur vie ailleurs, principalement en Europe, depuis 2011. Un chifre que contestent les autorités.

Proil des spécialistes expatriés déclarés (2018)
8 200
cadres supérieurs
2 300
enseignants-chercheurs
2 300 ingénieurs
1 000 médecins et pharmaciens
450 informaticiens
SOURCE : OFFICE DES TUNISIENS À L’ÉTRANGER (OTE)


MOTIFS DE DÉPART (2018) Études
48%
Opportunité professionnelle
34%
La situation du pays ne me convient pas
32%
Envie de vivre une nouvelle expérience
28%
Absence de poste correspondant à mes qualiications
13% 


Quitter, est-ce trahir ? » s’interroge Nadia Zargouni, 16 ans, qui a remporté, en partant du thème de l’expatriation, le concours d’éloquence – ouvert aux lycéens – organisé par l’Institut des hautes études commerciales (HEC) de Carthage, en avril. Nadia, qui projette de faire ses études à l’étranger, sait combien le sujet du départ des compétences préoccupe la société tunisienne. « On a tous dans notre entourage des jeunes qui sont partis pour faire carrière. Certains optent même pour des écoles et des filières tunisiennes qui débouchent sur des recrutements à l’étranger », explique Aymen, étudiant en informatique. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de novembre 2017, 95 000 Tunisiens ont choisi, depuis la chute du régime de Ben Ali, en 2011, de faire leur vie ailleurs, dont 84 % en Europe. Il s’agit principalement de diplômés de haut niveau tentés par des perspectives d’avenir plus prometteuses que celles que leur propose la Tunisie. La tendance est mondiale, et le phénomène naturel pour un pays en crise et en mutation, estime le gouvernement, qui rappelle que la Tunisie a connu d’autres vagues de départs, notamment lors de la crise économique de 1986. À l’expression « fuite des cerveaux », Slim Khalbouss, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, préfère celle de « mobilité des compétences » et se demande comment juguler ce phénomène « face à l’attractivité des marchés de l’emploi internationaux ».


Après les ingénieurs, notamment en informatique, et les enseignants- chercheurs, les médecins constituent le plus gros des contingents de ces nouveaux migrants. Et Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, de tirer la sonnette d’alarme sur l’exode des praticiens. Il en va de même pour les ingénieurs, si bien que le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peine à recruter. Mohamed Jaoua, directeur de l’Esprit School of Business, propose, pour pallier cette pénurie, de puiser dans le vivier des étudiants subsahariens en quête de stages et souligne que, de pays de départ, la Tunisie est aussi devenue un pays de destination, avec des flux en provenance du Sud. Une solution qui exige aussi une évolution des mentalités : car, paradoxalement, la Tunisie, qui cherche sa place à l’international, peine à intégrer des compétences étrangères, voire à garder celles qu’elle a formées.

Certains estiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la mobilité étant dans l’ordre des choses. Soit. Mais les candidats au départ dénoncent surtout des conditions de vie en deçà de leurs attentes. « J’ai trimé pendant dix ans pour être confrontée aux mandarins des hôpitaux publics sans pouvoir exercer correctement ma spécialité et sans aucune perspective d’avenir », assène une ancienne radiologue de l’hôpital Charles-Nicolle, à Tunis, en poste depuis janvier à Grenoble. Selon l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), un départ sur trois est motivé par la situation du pays et par une dégradation de la confiance. Ceux qui étaient revenus en 2011 pour des raisons inverses – ils pensaient que la révolution allait assainir le pays et ouvrir des perspectives – ont été très vite échaudés par la bureaucratie et la corruption, et sont repartis tout en clamant leur attachement à la Tunisie. « La crise économique, un système inchangé, la dévaluation du dinar, les conditions salariales ont miné mon enthousiasme. En revenant d’Allemagne, en 2012, j’étais porteur d’un projet, mais je me suis heurté à une telle inertie que j’ai préféré épargner mon énergie », explique Kays, chimiste, qui a choisi le Maroc pour l’avenir de ses enfants et les possibilités offertes par l’industrie pharmaceutique. Les motifs financiers sont aussi déterminants. « Un ingénieur en début de carrière touche 800 dinars [environ 270 euros] en Tunisie et aura d’entrée de jeu 3 000 euros en France », note Mondher Khanfir, spécialiste en innovation et en business developement. De même que le salaire d’un enseignant universitaire – 2 000 à 3 000 dinars – sera multiplié par quatre dans un pays arabe.

Possibilité de reconversion

La tendance à l’exode et son accélération ces dernières années sont notables, même s’il est, selon Samar Louati-Razgallah, présidente de l’Atuge, « difficile de s’accorder sur les chiffres ». Le gouvernement, qui dénombre 17 500 Tunisiens évoluant à l’étranger dans le cadre de la coopération technique internationale, récuse les 95 000 départs depuis 2011 annoncés par l’OCDE, mais il lui est néanmoins difficile de quantifier cette migration puisque les départs ne sont pas assortis d’une déclaration. « La part de jeunes médecins à s’être exilés est passée de 9 % en 2012 à 45 % en 2017. Le mouvement s’est accéléré à partir de 2014. Et concerne désormais des médecins expérimentés, qui prennent le chemin des pays du Golfe ou celui du privé, car l’État est incapable de les payer convenablement », explique Nezih Zghal. Ils seraient, bon an mal an, entre 200 et 300 médecins spécialistes et plus de 1 500 ingénieurs à quitter le pays, principalement pour la France, l’Allemagne ou le Canada. « Ceux qui ont de l’expérience négocient leurs compétences dans les pays du Golfe, mais, depuis 2011, le Maroc est devenu une destination prisée des patrons de PME tunisiens qui ont
choisi de délocaliser, tandis que l’Algérie accueille des agences de communication et des graphistes », précise l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), qui recense 1,2 million de nationaux expatriés, dont 7 % de cadres supérieurs.

Migrer offre aussi à certains une possibilité de reconversion. C’est le cas assez atypique d’Anys Fatnassi, fondateur de l’association Harrouss, The Smart Migrant (« le migrant intelligent »). Après des études de comptabilité qui ne l’enchantaient guère, il s’est installé en Chine pour se spécialiser en gestion de la chaîne logistique (supply chain). Une expertise qui l’a conduit à exercer dans ce secteur pour le compte de la Croix-Rouge, au Kenya. Son sens de l’initiative et de la mobilité lui a permis de se forger une carrière dans la logistique, mais la grande majorité des exilés partent dans le cadre d’une immigration choisie décidée par les pays d’accueil en fonction des besoins du marché de l’emploi. Si bien que 15% à 18%des migrants venus du Maghreb et vivant dans les pays de l’OCDE ont un niveau universitaire. L’augmentation de la demande et des flux tendus dans le digital, le blockchain, la numérisation et l’intelligence artificielle en Europe profitent aux ingénieurs. Ils sont recrutés par l’intermédiaire d’annonces sur les sites spécialisés, de contacts avec les écoles ou, à travers les réseaux sociaux, par des entreprises ou des chasseurs de têtes qui mènent, le temps d’un week-end, des batteries d’entretiens pour cibler les candidats, avec à la clé un contrat de trois ans en bonne et due forme.

Aspects positifs


« En France, on ne dit pas qu’on recrute un bon informaticien, mais “un Tunisien”, en raison de notre excellente réputation en informatique et d’une aisance avec les algorithmes », souligne Mondher Khanfir. Pour les médecins, « réussir un concours d’équivalence ou plus précisément une épreuve de vérification des connaissances permet aux Tunisiens de travailler en France, laquelle recrute en radiologie, en anesthésie-réanimation et en dermatologie. Dans certains cas, l’accord du chef de service en France permet une embauche pour deux ans », précise le dermatologue Moez Ben Salem, qui déplore certains départs, comme celui de l’ancien doyen de la faculté de médecine de Tunis, Ahmed Maherzi, parti s’installer au Canada après avoir été humilié par la police à la suite d’une plainte injustifiée déposée par une étudiante dont la mutation à Tunis avait été refusée. L’exode concerne aussi les enseignants-chercheurs, qui, après une expérience en Tunisie, profitent des offres des universités dans les pays arabes pour donner du poids à leur carrière et accéder a de meilleures conditions de travail en matière de recherche.

Si les autorités relativisent l’ampleur des départs, elles reconnaissent, comme Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, que « les compétences peuvent devenir un pont entre la Tunisie et les pays où elles résident. Ces experts peuvent représenter leur pays à l’étranger et contribuer à l’économie nationale ». Car les Tunisiens expatriés restent attachés à leur pays et attendent des conditions favorables pour envisager un retour. Selon une étude de l’Atuge, 38 % d’entre eux souhaiteraient rentrer pour entreprendre, et 54 %, pour contribuer à l’évolution du pays, tandis que 69 % disent que les amis et la famille leur manquent. « Pour être de nouveau attrayant pour les siens, le pays doit avancer, porter une vision ambitieuse qui générerait de la confiance et susciterait une dynamique positive », explique Anys Fatnassi. La mobilité est dans le tempérament des Tunisiens, mais « les directives et les standards internationaux recommandent aux pays de protéger leurs marchés de l’emploi. Néanmoins, il existe une relation entre migration et développement à la faveur des transferts d’argent et de l’acquisition d’une expertise. La fuite des cerveaux crée un manque provisoire de compétences, mais celui qui part dix ans peut, avec l’expertise acquise, faire gagner cent ans à son retour », souligne Mohamed Belarbi, coordinateur national de projets pour l’Organisation internationale du travail (OIT). Certains ont choisi de ne pas se poser la question du retour mais de rester entre deux rives – « expatriés partout », assène Mondher Khanfir – et de « servir de là où [ils] se trouve[nt] », assure Samar Louati-Razgallah

Témoignage
RETOUR GAGNANT 

Recruté à 23 ans par la Banque Rothschild sur les bancs de la Sorbonne, où il soutenait un master en finances, Ismaïl Ben Sassi, 27 ans aujourd’hui, a renoncé à une brillante carrière pour revenir en Tunisie en 2016 et promouvoir son propre projet. Il a d’abord mis toutes les chances de son côté en préparant à distance, et en partenariat avec le français ABC Bourse, le lancement d’Il Boursa, premier portail boursier et financier du pays, qui vise à donner de la visibilité à la place de Tunis, à attirer les investisseurs et à développer une culture boursière. Ismaïl est intarissable sur les possibilités qu’ofre la Tunisie, mais insiste sur le fait qu’il faut bien préparer son retour. Parti sans réelle intention de revenir, il comprend que les jeunes rêvent de s’exiler, même si la conjoncture ne s’y prête pas. « C’est aberrant de les en empêcher. À terme, on aimerait tous créer de la richesse dans notre pays », argue le patron de start-up. Devenu un acteur incontournable de la scène économique – sa société ne perd pas d’argent et lève des fonds avec succès –, il n’a eu aucune difficulté d’adaptation et profite « d’une bonne qualité de vie et d’opportunités professionnelles ». Misant sur la plus-value apportée par l’expertise, Ismaïl Ben Sassi ouvrira un bureau d’Il Boursa à Casablanca et un autre à Abidjan en juin prochain.



vendredi 13 avril 2018

Huile d'olive biologique


Bio planete et l'olivier Heureux contaminées par des plastifiants


Huiles olive tunisienne
L'Olivier Heureux et Huile Bio planète pollué par des plastiques et des phralates en Tunisie

En grandes surfaces ou en magasins spécialisés, les achats bio se concentrent notamment sur l’épicerie, salée et sucrée. C’est pourquoi nous avons fait notre marché dans ce rayon, en ciblant les produits largement importés comme l’huile d’olive. Soit, au total des produits multiples origines géographiques. Au-delà de l’empreinte carbone liée au transport de ces denrées, il est légitime de se poser la question de la “garantie bio”. À savoir si ces produits sont indemnes de pesticides ou d’autres polluants.

Nos analyses ont ciblé plusieurs centaines de composants indésirables. À ce jour, il n’existe pas, au niveau européen, de « limites maximales de résidus » (LMR) spéciques aux produits bio. Pour hiérarchiser les résultats, nous nous sommes donc basés, en partie, sur les recommandations de l’Association allemande des professionnels de la filière biologique (BNN). Au sein d’une même famille de produits bio, on trouve donc des aliments moins vertueux que d’autres... Même si c’est sans doute sans commune mesure avec les produits conventionnels.

Huile d'olive des Phtalates venus de Tunisie

En rayon, l’origine indiquée sur les étiquettes se limite souven tà «UE» ou «HorsUE». En revanche, nos douze huiles d’olive bio affichent clairement leur origine : France, Espagne, Italie ou Tunisie. Or, toutes ne se valent pas...

Cinq produits contiennent des résidus de pesticides, soit d’une substance (Bio Planète, Crudolio, Gabro, et Marque Repère- Bio Village), soit de deux (Vallon de l’Allamande). Des plastifiants ont été retrouvés dans la moitié de nos huiles d’olive. Ils peuvent provenir des contenants ou des joints des machines utilisés sur la chaîne de production. La réglementation prévoit des quantités maximales pouvant être relâchées par le matériau ; nous avons déclassé quatre références pour lesquelles un plastifiant au moins dépassait la limite de migration spécifique. Pire, il s’agissait notamment de phtalates (DBP ou DEHP) reconnus comme perturbateurs endocriniens et interdits dans les matériaux en contact avec des denrées alimentaires grasses. La référence Marque Repère-Bio Village (E.Leclerc) affiche la plus forte concentration (3,7 mg/kg).

Six références contiennent des résidus de solvants comme le toluène. De quoi surprendre pour des huiles d’olive extra vierges, que l’on doit normalement extraire par des seuls moyens mécaniques... Les teneurs retrouvées sont cependant très faibles.

Concernant les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), cinq huiles en contiennent, mais en quantités modérées. Et nos analyses n’ont heureusement relevé aucune trace de benzopyrène, le plus toxique de ces contaminants.

Les huiles de Tunisie sont globalement les plus contaminées en plastifiants et en HAP ; elles arrivent par ailleurs en seconde position (derrière les huiles d’Espagne) pour les solvants. Les huiles d’olive françaises sont les plus polluées par les résidus de pesticides.


mercredi 11 avril 2018

Attractivité de la Tunisie

Territoire


Stabilité relative, tissu social recomposé après le printemps arabe, pays où il fait bon vivre, qualité de la main-d’œuvre : tous ces atouts reviennent en boucle dans le discours des observateurs. Le forum Tunisie-France qui s’est tenu le 1er février à Tunis a également mis en lumière les liens historiques et les courants d’afaires entre nos deux pays.

L'attractivité du territoire progresse. « Quand on compare la Tunisie aux autres pays d’Afrique, il y a peu de déséquilibres. Le chômage est moins aigu et le service de la dette relativement faible », estime Lionel Zinsou, co-président d’AfricaFrance et président de Terra Nova. Signe de son attractivité, l’Université Paris-Dauphine a implanté son plus grand campus international à Tunis. «Nous montons des formations adaptées aux besoins des entreprises. Des séminaires sur le Big Data, l’actuariat, les systèmes d’information, la finance sont déjà en place. En phase de projet, nous avons d’autres thèmes tels que le journalisme et la gestion des événements culturels », détaille Amina Zeghal, directrice générale de l’Université Paris- Dauphine-Tunis. De manière générale, la formation des salariés est au cœur des préoccupations des entreprises. Selon Neila Benzina, CEO de Business & Decision Tunisie, « une des priorités du pays est d’accroître le pool de ressources humaines en Tunisie pour éviter les pénuries de talents ». Cette spécialiste de l’e-business est une des références en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC) en Tunisie. Patronne de 280 salariés, elle incarne également la nouvelle classe de dirigeantes tunisiennes qui comptent. La féminisation de l’élite économique est en marche. Jean- Luc di Paola Galloni, directeur du développement durable et des affaires publiques de Valeo confirme aussi le fort taux de féminisation parmi les effectifs : l’équipementier automobile compte 35 % de femmes cadres.

La forte qualification de la main-d’œuvre induit un changement de paradigme pour les entreprises qui souhaitent s’implanter dans le pays. Il ne faut plus rechercher des moindres coûts de production et de l’optimisation en Tunisie. Il faut désormais y rechercher des talents, un marché domestique et une entrée vers un vaste continent. Autre facteur d’attractivité pour les investisseurs étrangers, souligné par Lionel Zinsou, les chaînes de valeur sont très construites. « Il est intéressant de noter que, même pendant le printemps arabe, il n’y a pas eu de rupture dans la livraison des fuselages d’Airbus », rapporte-t-il.

Imbroglio administratif : là où le bât blesse S’il est bien une pierre d’achoppement au développement économique, unanimement citée par les entrepreneurs, c’est le poids de l’administration. De manière schématique, la Tunisie serait une société à deux classes. D’un côté, une économie formelle est en proie à toutes les tracasseries administratives. De l’autre, une économie informelle, à très forte croissance, permet de trouver des solutions hors système. Sur la question du financement, ce problème est particulièrement prégnant. Selon Arnaud Ventura, président de Micromed, « la majorité de la population est exclue de l’accès au financement». Trop de contraintes réglementaires, de dossiers à remplir...

Et d’ajouter : « Pour pallier cette difficulté, nous avons démarré il y a trois ans un programme de micro-crédit à destination des entrepreneurs. Il permet un accès rapide et par téléphone à des crédits de 50 à 100 euros ». Dans tous les secteurs de l’économie, le poids de la bureaucratie est un énorme frein au développement. En 2016, le baromètre de la chambre tuniso- française du commerce et d’industrie (CTFCI) a révélé que la lourdeur administrative a contribué à dégrader le climat des affaires en Tunisie. Seuls 7,7 % des dirigeants interrogés se disaient satisfaits de l’efficacité des services fournis par l’administration. Conscient de la nécessité d’engager son pays dans la voie de l’allège- ment, Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, a clôturé le forum économique Tunisie-France sur la nécessité de réformer l’administration.


LA TUNISIE
en chifres
• Pib : 40 milliards de dollars
• Population : 11,3 millions d’habitants
• Taux de croissance en 2017 : 2,3 %

mercredi 7 mars 2018

La république de la débrouille


L’économie informelle représente 54 % du PIB. Pour l’État, c’est un énorme manque à gagner. Et pour une partie de la population c'est un moyen de survie.

LES CHIFFRES DE L’INFORMEL

•54%duPIB
•2 millions de Tunisiens en vivent
• 85 % des PME sont actives dans des secteurs directement concurrencés par la sphère informelle
• En 2016, le commerce informel transfrontalier représentait environ 6 000 millions de dinars tunisiens (MDT), répartis comme suit :
– carburant : 1 000 MDT
– tabac:1000MDT
– marchandises diverses :
2 000 MDT à travers les frontières terrestres et
2 000 MDT à travers d’autres voies d’approvisionnement 
– manque à gagner total pour l’État : 2 600 MDT

Petite et menue, Saïda, 55 ans, a des allures de fourmi affairée et ne jure que par le travail et son sens du commerce. « Il me permet de survivre », explique cette « autoentrepreneuse » informelle. Aujourd’hui, elle vend des pâtisseries faites maison et a même embauché, au noir, une petite main pour les coups de feu en période de fêtes ou pour les mariages. Une activité qui lui rapporte en moyenne 700 dinars (240 euros) par mois, tous frais déduits. Originaire de Ben Guerdane (Sud), elle a longtemps profité des réseaux qui, depuis Tripoli (Libye), devenu une véritable centrale d’achats, fournissaient en produits divers les marchés et une multitude de petits commerçants en Tunisie. « Je prenais les commandes auprès de mes clientes à Tunis, faisais un aller-retour chez mes parents et revenais avec la marchandise. Avec mon mari, nous nous sommes installés à Ben Guerdane. Il faisait de la contrebande d’essence et je continuais à livrer mes commandes par le biais des taxis collectifs en me faisant des marges confortables. Mais c’était avant la guerre en Libye, qui a bouleversé toute la donne. Je suis revenue à Tunis pour éviter que mon époux ne trempe dans des trafics plus dangereux et me suis reconvertie. » Revers de la médaille : Saïda n’a jamais cotisé à une caisse sociale ni payé d’impôts. Elle devra travailler toute sa vie faute de pouvoir toucher une retraite. Les Saïda sont nombreuses en Tunisie. Selon une étude de 2016 du Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar), 45 % des Tunisiennes actives travaillent dans l’économie grise. L’informel est une soupape qui permet aux citoyens les plus fragiles de subvenir à leurs besoins ou de joindre les deux bouts en ces temps de marasme économique. Pour la plupart, cette activité est un antidote contre la précarité, mais certains font même fortune, surtout depuis le changement de régime, en 2011.

« On trouve le lait de l’ogresse »

Un peu d’informel n’a jamais nui aux économies, estiment les experts et les instances internationales, qui fixent à 20 % du PIB le seuil tolérable. Mais en Tunisie, l’économie parallèle accapare 54 % du PIB. Au point qu’il est plus facile de se procurer des produits sur le marché noir. Selon la formule consacrée en Tunisie, « on trouve le lait de l’ogresse », assure Hédi, un retraité qui furète régulièrement dans les étals à la recherche de la bonne affaire. Mais ce n’est là que la partie émergée de l’informel. L’économie grise, elle, s’impose et explose : emplois et logements non déclarés, microentreprises « sauvages », vente sans facturation, travail à domicile des femmes... Ce sont ainsi 2,6 milliards de dinars d’impôts et de taxes qui échappent à l’État, dont les recettes fondent comme neige au soleil et qui n’est plus à même d’assurer toutes ses missions.

L’informel a toujours existé et s’est longtemps réduit à un commerce à la valise. « Mon métier d’hôtesse de l’air me permettait de rapporter des vêtements, des trousseaux de mariée et des produits non importés considérés comme luxueux tels que le café ou les parfums », raconte une ancienne de
Tunisair. Sous Ben Ali, la configuration change. Le secteur parallèle, tenu par les familles du sérail, dont les Trabelsi, prend de l’ampleur. À la chute du régime, elles ont été remplacées au pied levé par leurs seconds couteaux, qui, profitant du laisser-aller général et de l’affaiblissement de l’autorité publique, ont proliféré en toute impunité, quand ce n’était pas avec certaines complicités pour introduire les marchandises sur le territoire. Contrairement à une idée reçue, l’essentiel de la contrebande, soit 75 % du flux, passe par les ports, mais, depuis le lancement d’une campagne anticorruption en mai 2017, qui avait opéré un tour de vis sur le port de Radès, les trafics se sont concentrés sur Sfax, Sousse et Bizerte. Le reste est réalisé via Ben Guerdane, dans le Sud, et la région de Kasserine, dans l’Ouest. « De part et d’autre de la frontière, Tunisiens et Algériens profitent de la contrebande. Après l’essence et les cigarettes, ce sont les produits alimentaires qui sont le plus demandés. Comment croyez-vous que l’on trouve des ananas à Kasserine ? » explique un routier qui assure les livraisons jusqu’à Tunis. Les réseaux prolifèrent à partir des frontières terrestres et maritimes, mais c’est dans les grandes villes, au vu et au su de tous, que le commerce illicite se pratique le plus.

En 2011, les marchands ambulants venus des régions intérieures, surtout de la région de Sidi Bouzid et de Jelma (Centre), avaient envahi les artères des grandes villes. Forts du précédent de l’un des leurs, Mohamed Bouazizi, dont le suicide, après la confiscation de sa marchandise, avait déclenché le soulèvement populaire qui conduira à la révolution, ils étaient intouchables. Produits turcs, chinois, chutes de camion : les marchandises qu’ils déversent de façon sauvage ont mis à mal les commerces légaux sans que les autorités osent agir et appliquent la loi, qui prévoit une amende allant de 250 à 1500 euros assortie de la confiscation de la marchandise. En six ans, ils ont gagné du terrain, se sont constitués en association et ont tenu tête aux pouvoirs publics. Jusqu’à ce qu’Omar Mansour, ex-gouverneur de l’Ariana et de Tunis, assainisse la situation en 2017 en les installant dans des espaces réservés. « Le passage n’est pas le même qu’en centre-ville. J’ai perdu la moitié de mon chiffre d’affaires, mais avec des prix très bas je satisfais la demande des plus démunis et des bourgeois », commente Lyes, qui vend des lunettes de contrefaçon à Sidi El Béchir. Dans le contexte anarchique de la postrévolution, organiser des circuits qui échappent à tout contrôle est presque une obligation. 

Intervenir est délicat. 

Pour beaucoup, la vente de cigarettes à la sauvette – ou d’autres produits – est leur unique subside », précise Maher, un agent des services de contrôle. Et d’ajouter que ceux qui s’assurent de gros revenus sont les barons des réseaux, qui possèdent même des entrepôts : « Ils gagnent des millions, font affaire avec des intermédiaires, investissent leurs bénéfices, principalement dans la pierre. Les pauvres bougres situés en bas de la pyramide vivotent. Ce sont le plus souvent des jeunes, qui trouvent là un moyen de tenter leur chance à la ville. » Il évite d’aborder le cas des commerçants ayant pignon sur rue qui se fournissent auprès des circuits clandestins, ainsi que la question des complicités, qui a pourtant fait l’objet d’interventions de députés à l’Assemblée des représentants du peuple. Sans désigner quiconque nommément, des élus comme Samia Abbou dénoncent les trafics couverts par certains hommes politiques, notamment issus des régions, et l’implication d’agents des douanes. Le sujet reste tabou ; les résultats des enquêtes après l’arrestation de gros bonnets du trafic de cigarettes ou d’essence ne sont jamais publiés.

Pression fiscale

Depuis les bananes, les fruits secs, les jouets, les fournitures scolaires, les vêtements jusqu’aux pièces détachées de voiture, tout est disponible et trouve preneur. Avec la pression fiscale imposée par la loi de finances 2018, même les entreprises finissent par se fournir sur le marché parallèle. Samir Majoul, patron des patrons, suggère de « mettre en place un environnement où toute pratique informelle est découragée, et toute pratique formelle encouragée et pas pénalisée, comme c’est le cas aujourd’hui », tandis que Mehdi Jomâa, ancien chef du gouvernement et président du parti Al-Badil Ettounsi, invite à « réduire les impôts pour que le secteur informel intègre le secteur formel ».

Des propositions qui méritent d’être examinées dans la mesure où les moyens mis en œuvre pour lutter contre l’économie parallèle sont jusqu’à présent sans effets. Ni la lutte anticorruption ni la réforme bancaire limitant les transactions en espèces ne freinent le phénomène. Au contraire, l’inflation et la dépréciation du dinar poussent même la classe moyenne à avoir recours au système D de l’informel, quand elle n’y investit pas. Kamel, cadre dans une entreprise, a ainsi ouvert une gargote où ses clients règlent en liquide. Une trésorerie « fantôme » qui lui permet de payer les études de ses deux enfants...

dimanche 4 mars 2018

Liste de produits chimique importé en Tunisie

Avec la complicité du monde politique



Azinphos-methyl; Thiobencarb; Carbofuran; Thiocyclam


Pesticides utilisés comme produits phytopharmaceutiques, produits chimiques industriels destinés à un usage professionnel, engrais chimique nocif pour la nature, produits chimiques toxiques pour l'homme, produits chimiques industriels destinés au grand public, pesticide pour l'agriculture tunisienne,  pesticide biocides sont importés impunément chaque année par cargaison en tonne sur le territoire national. Ses produits sont importés chaque année en Tunisie via l'Europe.
Comment cela est-il possible ?

L'Europe possède une industrie chimique florissante qui exporte les produits chimiques interdits d'utilisation sur le sol européen, mais autorisé a l'exportation avec l'accord des pays duquel les pays importateurs sont d'accord de l'utilisé pour leur industrie et l'agriculture. C'est la plus belle ironie du capitalisme du gouvernement tunisien.

Chaque produit chimique exporté fait donc l'objet d'un enregistrement dans la base de données de ECHA et automatiquement le pays de destination hors UE est informé de la livraison des produits toxiques sur sont sol.

Chose incroyable en 2018, la Tunisie ne dispose pas de tableau de reporting, elle ne peut pas donc suivre ce qui rentre et quand. Pour listé les produits il faut s'adresser a l'Europe pour en avoir connaissance et pour être tenu au courant de qui fait quoi et quand.

Au final, nos responsables politiques sont les premier pollueur et tueur de notre agriculture envers les agriculteurs et les citoyens qui consommeront ces produits chimiques interdits. Mais contrairement a l'Europe qui interdit de tels produits dans sa zone, la Tunisie elle les autorises pour les importés pour semer la mort dans la biosphère et tuer a petits feux notre santé. Je rappelle que tous ses produits sont nocifs pour les hommes et pour la nature.


Ces produits chimiques sont soumis a l'accord de la Tunisie quel a signé lors de la convention de Rotterdam.

Liste de produits :

- Azinphos-methyl; Thiobencarb; Carbofuran; Thiocyclam
- Chlorate Sodium chlorate; Potassium chlorate
- Chlorfenvinphos; Methomyl
- Chloroform Chloroform
- Dibutyltin compounds
dibutyltin dilaurate; 3,3'- [(dibutylstannylene)bis(thio)]bis(propane1,2-diol); 2-ethylhexyl 4,4-dibutyl-10- ethyl-7-oxo-8-oxa-3,5-dithia-4- stannatetradecanoate; dibutyltin di(acetate)
- Didecyldimethylammonium chloride = plus de 120 tonnes de produits
- Dioctyltin compounds : Diisooctyl 2,2'- [(dioctylstannylene)bis(thio)]diacetate; dioctyltin dilaurate
 - Dioctyltin compounds dioctyltin oxide; dioctyltin di(acetate)
- Ethalfluralin; Cyanamide Ethalfluralin; Cyanamide => plusieurs tonnes
Ethylene dichloride (1,2- dichloroethane), Ethylene dichloride (1,2-dichloroethane) = pl tonnes
- Ethylene oxide Ethylene oxide = pl tonnes
-  Ferbam; Tridemorph; Alachlor, Ferbam; Tridemorph; Alachlor = pl tonnes
- Malathion : plu tonnes
-  Mercury compounds, including inorganic mercury compounds, alkyl mercury compounds and alkyloxyalkyl and aryl mercury compounds/ Mercury dichloride; mercury sulphate; Thiomersal = plu tonnes
- Nonylphenol ethoxylates (C2H4O)nC15H24O / Nonylphenol, branched, ethoxylated; Nonylphenol, ethoxylated
- Nonylphenol ethoxylates (C2H4O)nC15H24O / Nonylphenol, branched, ethoxylated; Nonylphenol, ethoxylated = Pl T
- Permethrin P = PLT
- Simazine; Anthraquinone = PLT
- Zineb



dimanche 11 février 2018

Les entreprises familiales

Le business familial

Créés pour une bonne partie à partir des années 1970, les entreprises et groupes familiaux tunisiens sont à un moment critique de leur histoire : le passage de la 2e à la 3e génération.

Sous la 3e génération des groupes familiaux, l’expérience internationale le démontre bien, le patrimoine bâti par les fondateurs périclite, voire disparaît. Comblé, Haj Youssef Bayahi l’était sans nul doute lorsque Dieu l’a rappelé auprès de lui, en octobre 2007. Car, avant de s’en aller, il avait eu le temps de voir et Taieb – donner une autre envergure au groupe familial dont il a été l’initiateur.
Quelques mois avant le décès du fondateur, ses successeurs avaient notamment conclu, en partenariat avec le groupe Poulina, le rachat des parts de l’État dans Magasin Général, le leader de la grande distribution en Tunisie. De là-haut, M. Bayahi n'a pas fort été déçu depuis par sa progéniture, puisque cette dernière a, au cours des dix dernières années, réussi à faire du groupe familial l’un des plus importants du pays.

Les Bayahi sont donc des gens heureux. Mais pas seulement parce que le business familial n’a cessé de se développer. Surtout, il n’a pas de raisons de ne pas continuer à croître, contrairement à d’autres, puisqu’après avoir reçu le témoin de leur père, les héritiers ont eu la sagesse de commencer à se préparer à le passer à la troisième génération. « Pourtant, nous n’avons pas quatre-vingt-dix ans, ni même soixante-dix », plaisante Taieb le cadet des trois freres.
Néanmoins, sages et avertis et échaudés par des échecs retentissants qu’ont connu d’autres familles entrepreneuriales au moment de la transmission, les Bayahi ont préféré entamer tres tôt leur passage de la deuxième à la troisième génération. Ce qui,  malheureusement, n’est pas le cas de bon nombre d’entreprises et de groupes familiaux.
Soucieux d’éviter des crashs à répétition dans cette composante primordiale du tissu entrepreneurial tunisien, l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) avait décidé de se saisir de cet épineux dossier – combien lourd de conséquences pour l’économie tunisienne – et d’y consacrer la cinquième édition de son Forum de la gouvernance (2 novembre 2017, Tunis).

« La transmission des entreprises familiales est pour nous en Tunisie une question d’actualité  dont l'acuité grandit au fil des générations » justifie Youssef Kortobi, président du Centre tunisien de gouvernance de l’entreprise (CTGE), relevant de l’Institut arabe des chefs d’entreprises.
« Une entreprise est quelque chose qui naît, grandit et puis meurt. Sauf si chacun anticipe sont rajeunissement et sa réinvention », observe Philippe Haspeslagh, président de Family Business network. Ce moment fort délicat peut être assimilé au crash-test auquel on soumet les automobiles.
Lui-même héritier et actionnaire d’une entreprise familiale, M. Haspeslagh déplore : « Souvent, on s’y prend trop tard. » Alors que des études ont démontré « une corrélation négative entre l’âge du capitaine et la performance de l’entreprise ». De plus, « Une entreprise naît sous la 1re génération, grandit sous la 2e et elle est menacée sous la 3e. Et s’il y a discorde, cela peut aller très vite. »


Ayant vu le jour, pour bon nombre d’elles, au lendemain de l’indépendance et, surtout, à partir des années 1970, les entreprises tunisiennes sont entre la 2e et la 3e génération, précise Ahmed leur vie où le risque de disparition est le plus élevé.
Certes, le fait qu’une entreprise fasse partie d’un groupe peut un tant soit peu la mettre à l’abri. Dans les économies comme celles de la Tunisie : « Le succès des groupes familiaux est possible parce qu’ils peuvent attirer du talent, obtenir les meilleurs financement, et generer les relations politiques bien mieux qu’une seule entreprise, à un seul métier, et aussi parce que le marché intérieur est souvent protégé », note le président de Family business network. Mais, ajoute-t-il, « les groupes tunisiens eux-mêmes vont devoir se réinventer ».

La grande majorité des entre- prises et groupes familiaux en est malheureusement loin. C’est ce qui ressort de l’étude réalisée par l'IACE et BDO et présentée par Majdi HAssen, directeur du think tank patronal, Mohamed Derbel, partenaire au sein de ce cabinet d’experts comptables.

Entreprises et groupes familiaux ne sont, en effet, pas du tout ou mal préparés à affronter ce moment crucial de leur vie qu’est la transmission.
Et cela pour diverses raisons. Premièrement, les trente et un dirigeant, dont treize chefs entreprises et groupes familiaux, reconnaissent que la la transmission est un sujet sensible » dont on ne parle pas.

Des freins majeurs. 

Deuxièmement, une fois cet obstacle surmonté, il s’avère que des « freins (difficulté à choisir par les candidats de la famille, absence d’un successeur motivé, entravent la transmission.
Troisièmement, 72 % des entreprises sont insufissament préparées à cette opération parce qu’elles n’ont pas de plan (39 %) ou seulement informel (33 %).
Quatrièmement, même quand frères et sœurs arrivent à discuter de cette épineuse question, seuls 56 % partagent la même vision du déroulement de la transmission.

Les Bayahi eux sont allés très loin dans ce processus. Après avoir décidé de « transmettre tout le groupe à la 3egénération », et estimant que « ce n’est pas parce qu’on est actionnaire que l’on doit tout de suite assumer un rôle de contrôle », les aînés ont décidé très tôt d’affecter les membres de la « première fournée » de la 3e génération à des postes intermédiaires – responsable de ressources humaines, de la production ou du développement d’une société – pour qu’ils fassent leur apprentissage. Ces juniors siègent également à des Comités de suivi stratégique de chacune des entreprises du groupe, au sein desquelles « ils ont le droit de poser au management toutes les questions et se tenir informés ».
En même temps, les aînés ont entamé un dialogue de fond avec les juniors. Avec le soutien d’un coach, car « nous voulions partir du bon pied et ne pas commettre d’erreur »
Dès la première réunion, les représentants de la 3e génération ont dû répondre à une question « extrêmement difficile » : « Pourquoi voulez-vous être ensemble ? Alors qu’à la limite vous avez les moyens, chacun, de prendre un petit bout du groupe et de partir. » Et unanimement les jeunes ont répondu qu’ils veulent rester ensemble « parce qu’ensemble nous pouvons réaliser des choses beaucoup plus importantes et beaucoup plus rapidement, que séparément »

Transmission. 

La famille Bayahi va encore plus loin dans la préparation de la transmission, puisque les cadets, aujourd’hui à l’université, reçoivent copie des PV de réunions pour se tenir informés des développements et affaires du groupe.
Pour mettre toutes les chances de son côté dans cette délicate de l’expérience d’un partenaire étranger très expérimenté en matière de transmission : le groupe Auchan, présent au capital de la chaîne de supermarchés Magasin Général. « Ce groupe nous a éclairé de manière extraordinaire sur beaucoup de ses pratiques dans ce domaine », nous révèle l’un des héritiers.
Ce genre de savoir-faire, Ahmed Bouzguenda dont le groupe éponyme est l’un des plus importants - cher à l’étranger. « Il m’est arrivé de suivre des formations sur les entreprises familiales en Europe », indique celui qui est devenu depuis le patron du groupe familial et préside en même temps l’IACE.


D’autres familles ont été prises au dépourvu par le problème de la transmission, parfois parce que le fondateur du groupe familial est décédé avant de régler sa succession. Deux groupes en particulier avec des fortunes diverses : Mheni et Belkhiria.
Après le décès en 1991 d'Ali Mheni, magnat du BTP, ses héritiers se sont déchirés pendant près de dix-huit ans devant les tribunaux au sujet de l’héritage. Les intéressés n’ayant pas pu se mettre d’accord, c’est la justice qui s’est chargé de répartir entre eux les sociétés et le patrimoine amassés par leur père. Conséquence, le grand groupe a été rayé de la carte puisqu’il éclaté en plusieurs morceaux.
Béchir Salem Belkhiria n'a pas eu le temps, lui non plus, de mettre en place sa succession car disparu en novembre 1985, à l’âge de 55 ans. Ses héritiers se sont eux aussi affrontés pendant près de dix ans, non pas sur le partage de l’héritage, mais à propos de « qui est le plus apte à diriger », se remémore  Moez Belkhiria, aujourd'hui président-directeur général.


Le fondateur étant décédé soudainement « alors que nous étions petits, la direction de la société est revenue pendant dix ans au plus âgé », témoigne le patron de BSB Group. Qui trouve un aspet positif à cette méthode – maintien de l’unité de la famille – et un autre négatif – des désaccords entre actionnaires au sujet de la compétence du dirigeant.
Depuis, les héritiers ont compris que la poursuite de leurs désaccords risquait de porter préjudice à l’affaire familiale et que, pour éviter cela, il fallait que le choix du dirigeant se fasse dorénavant sur un seul critère : la compétence. Une fois cette question tranchée, les héritiers ont décidé qu’une introduction en bourse serait le meilleur moyen de concrétiser la solution à laquelle ils ont abouti et d’assurer la pérennité du groupe familial.


Pour Ahmed Bouzguenda le règlement de la transmission des entreprises et groupes familiaux « va au-delà du choix d’un successeur ». Il implique d’apporter des réponses claires à des questions cruciales : que veut-on transmettre – la propriété seulement ou la gestion aussi – ?, comment – du vivant du fondateur ou après sa disparition – ?, que devient le fondateur
une fois la transmission actée ? et, surtout, quelle politique d’emplois des membres de la famille au sein de l’entreprise familiale – fait-on travailler les héritiers dans le business familial ou pas ? Quel que soit le choix fait, « il y a des règles à mettre en place », prévient le président de l’IACE.

Approche. 

Si les héritiers travaillent dans l’entreprise familiale, ces règles visent à éviter que « les autres managers ne soient démotivés ». Au cas où la famille prend l’option contraire, la difficulté consiste à trouver une approche permettant à ces derniers « d’être proches du business sans être dans la gestion quotidienne ».

Mais le problème en Tunisie, « substantiellement la transmission entre la 1re et la 2e génération ne s’est pas faite dans de bonnes conditions. Et même ceux qui ont été introduits en bourse l’ont fait sans être convaincus des mécanismes de l’appel public à l’épargne ».



Pour ABdelkéfi, longtemps directeur général de Tunisie Valeurs qu’il vient de réintégrer, comme président du conseil, après mois par le gouvernement, en tant que ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et, par intérim, des Finances, « la preuve la plus forte » de cela est que lors d’une introduction en bourse et nous nous retrouvons quelque année avec seulement 5%. Car la famille réchete les titres apres.  [la partie des actions susceptibles d’être échangée en bourse] et nous nous retrouvons quelques années rachète les titres après ».
L’obligation d’organiser une transmission entre générations dans laquelle se trouvent les entreprises et groupes familiaux leur fait courir, c’est évident, un grave danger.
C’est pour cette raison que l’Institut arabe des chefs d’entreprises a décidé de les aider à surmonter ces difficultés en continuant à travailler sur ce dossier au cours des trois prochaines années.





samedi 10 février 2018

La diplomatie fonctionne à l'huile d'Olive

Amateurisme du gouvernement


des dattes et de l'huile d'olive pour tout le monde

Ne sachant plus quoi faire pour ne pas être inscrite sur une énième liste cette semaine(GAFI), le ministre des Affaires etrangere Khemaies Jhinaoui na trouvé qu'une seule façon de convaincre le parlement européen de ne pas inscrire la Tunisie sur la liste, c'est celui d'offrir de l'huile d'Olive et des dates a des élus du parlement! Cette mise à l’index survient deux mois après l’inclusion de la Tunisie dans une autre liste noire, celle des paradis fiscaux, établie par les ministres européens des Finances...

À travers cette histoire d'huile d'olive et d'huile, ont découvre un état défaillant dans ça gestion quotidienne au jour le jours pour réglé les problèmes qui survienne. Il n'existe aucune anticipation ou groupe de travail pour régler les problèmes qui pourraient survenir. Comment en est-on arrivé là ? Un ministre des affaires étrangères qui joue au pompier et qui prend des élus du parlement pour des paysans du bled en leurs offrant del'huile d'olive face a des états qui place leurs pions grâce au lobbying de longue date. Je travaille moi même avec un cabinet de lobbying italien, et qui se même cabinet possède une base de données sur les élus qu'il faut convaincre. Donc je sais de quoi je parle

La Tunisie a été plus gravement impactée a l'international que du temps de la dictature sous ben Ali. Les gouvernements islamistes du passer qui on gouverner le régime de "la troïka" en porte l'immense responsabilité.

Production d'huile en hausse en 2018

Toujours dans l'amateurisme du gouvernement, le ministre de l’Agriculture Samir Taïeb a trouvé une idée de génie pour faire casqué les citoyens fassent a la hausse de production d'huile d'olive sur le marché. En plus de la hausse des prix cette année, il a eu l'idée d'acheter l'huile sur le marché en gros volume, la confisqué et maintenir la hausse des prix virtuellement en fessant casque les consommateurs au bénéfice des spéculateurs. Alors que dans un marché normal dans un pays qui fonctionne, la hausse de production devrait impacter positivement le portefeuille des consommateurs, le ministre à déicide que les citoyens devaient payer cet hausse au bénéfice des spéculateurs ...

La production d’olive a atteint cette année 280.000 tonnes, un record par rapport à l’année précédente où on a cueilli 100.000 tonnes. Les autorités tablent sur l’exportation de 200.000 tonnes d’huile d’olive vers les marchés étrangers pour une recette de 2 milliards de dinars.