samedi 23 février 2013

Des bombes a retardement au sein des entreprises publique

Société EL FOULADH: c'est 60 millions de perte en 2012
Abdelkader Farhani, le sous directeur El Fouladh

Le sous directeur Abdelkader Farhani au parlement


A qui le tour ? Et ca ne fait que commencé, en 2013 sera encore plus pire pour El Fouladh si aucune mesure n'est prise dans l'entreprise publique. Acteur majeur dans l'économie tunisienne grâce aux subsides de l’état depuis 1962, la société Elfouladh n'a cessé depuis sa création de fournir des produits de base pour les secteurs de la construction, de l'agriculture et de l'industrie. Les produits que El Fouladh vend sur le marché tunisien sont des : rond à Béton, fer marchand, tréfilés, structures métalliques.

En 2012 les pertes de El Fouladh se chiffre a 60 millions de dinars (30 millions d'euro), la société comporte 1500 ouvriers et employés. Placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie et de la Technologie il s’agit de l’unique usine sidérurgique dans le pays dans sa spécialité qui, depuis pas moins de quarante ans, produit de l’acier liquide pour le transformer en ronds à béton avec une capacité de production estimée à 200.000 tonnes par an. Ainsi la majorité des élus au parlement, lors des débats budgétaires en décembre ont décidé de faire un chèque en blanc a l'entreprise publique sous le noble prétexte de la sauvegarde des postes d’emploi et du gagne-pain des familles tunisiennes.

Les banques rafle le jackpot
La dette est réparti entre plusieurs banque
- Dont 9,988 millions de dinars au titre du principal et un montant maximum de 2,651 millions de dinars d'intérêts au profit de la Banque Nationale Agricole (BNA).
- Un autre montant de 19,238 millions de dinars (du total), sera supporté par l’Etat au titre du principal
- Un montant maximum de 5,105 millions de dinars au titre des intérêts au profit de la Banque de l’Habitat (BH).
- Un montant de 18,419 millions de dinars est pris en charge au titre du principal et un montant maximum de 4,888 millions de dinars au titre des intérêts au profit de la Société Tunisienne de Banque (STB).


Pas de reaction et ni de questionnement
Dans un pays normal qui fonctionne ont peut voir se multiplier des tribunes de discussion et d’analyse pour expliquer comment la société publique est arrivé là et pour réfléchir comment éviter la récidive. J’aurai cru que cela provoquerait un sursaut collectif de nos medias et de notre société civile. Je m'attendait a un raz de marée de protestations des personnes instruite, d’indignations et de critiques sur la façon avec laquelle les deniers publics sont gérés mais apparemment donné de l'argent a des société en faillite virtuel fait partie de la culture des zero en Tunisie.

Je supposais qu’on allait convoqué les responsables successifs qui ont tenu les rênes de cette entreprise, rendent compte de leurs actes, s’expliquent sur le fiasco passé et avenir vers lequel ils ont conduit la société ” EL FOULADH “ et leurs demandé des explications sur leurs manquements et pour les dégâts qu’ils ont infligé à une entreprise qui comptait jadis parmi les fleurons de notre industrie nationale en Tunisie. Malheureusement rien de tout cela ne sera exhaussé ni au parlement, ni au bureau d'un pseudo ministre de l'industrie.

Au risque d’effarer d’avantage les gens qui lise mon blog, je commencerai par alerter tous ceux qui se soucient de l’intérêt national et de l'économie nationale et je dirai en clair et sans ambigüité que la société ” EL FOULADH “ est loin d’être un cas isolé. Tunisair et Tunisie Telecom ne sont que la partie visible de l'iceberg qui coule.

Bien que dans la logique économique, l’entreprise est par définition une entité qui n’a droit d’exister que si elle crée de la richesse et génère des bénéfices, bon nombre d’entreprises publiques en lice, attendent le moment propice pour demander, à l’instar d’EL FOULaDH, aux pouvoirs publics et par voie de conséquence au contribuable tunisien de financer leurs dettes résultant d’un exercice caractérisé par la destruction systématique des richesses (matérielles et humaines), par une gestion foireuse et par des pratiques corrompues défiant l’absurde a notre epoque.

Lorsqu’on voit que nos entreprises publiques industrielles sont aujourd’hui encore gérées par un esprit moyenâgeux et par la mentalité de l’agriculteur féodale d’antan, qui pratiquait les grandes cultures non-irriguées, on peut facilement conclure, laquelle des deux éventualités a prévalu en fin de compte.

Après avoir tracé ce tableau sombre sur la situation des entreprises publiques, la question qui s’impose : Que faire ?

Avec le sens du réalisme et de pragmatisme, l'idée me fait pencher plutôt vers une solution réfléchie et à la carte. Chaque entreprise publique devrait faire l’objet d’un audit, mené par des instances spécialisés, sérieuses et indépendantes. On déterminera ensuite les moyens à mettre en œuvre et la démarche à suivre pour réhabiliter des entreprises pour qu’elles redeviennent des acteurs de développement rentable et des créateurs de richesses et non des générateurs de déficits et des promoteurs de la médiocrité.

Des commissions ad-hoc devraient voir le jour, pour enfin commencer à faire table rase avec les corrompus de tout abords, qui pullulent dans les entreprises publiques et les mettre hors d’état de nuire. Car de toute façon, on n’arrivera jamais à bâtir un avenir meilleur avec les mains et les esprits du moyen age.
Pour les entreprises qui ne franchiront pas le cap et qui ne réussiront pas le baptême du feu, des plans sociaux devraient être élaborés pour alléger l’impact des fermetures des entreprises qui ne peuvent continuer à fonctionner qu’avec les subventions du contribuable. Rendez vous l'année prochaine pour le prochain deficit !