lundi 14 mars 2016

Intelligence économique


Afrique


Intelligence économique


Les Etats africains peuvent-ils avoir le contrôle exclusif des secteurs dits stratégiques de leur économie en s’inspirant des principes de l’intelligence économique ? 

L'intelligence économique (IE) est à la fois une politique publique élaborée et mise en œuvre par l’État et une démarche d’entreprise, avec un objectif commun : le soutien à la compétitivité. La mise en œuvre de l'intelligence économique, tant par les acteurs publics que par les entreprises et établissements de recherche s'inscrit dans un contexte précis : celui de la mondialisation et de l'interconnexion des économies. Face à ces nouveaux défis, toute entité économique doit désormais intégrer l’Intelligence économique afin de comprendre, analyser et anticiper ces mutations et de protéger sa compétitivité et ses savoir-faire.
Cette concurrence s’exerce dans le cycle de l’innovation et au stade de la recherche. Au même instant que le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’arrivée d’une véritable société de l’information influent sur l’évolution. Aujourd’hui, comment l’Afrique peut-elle gérer son économie en intégrant une démarche d’intelligence économique. 

Sous hypothèse que cette dite démarche serait avantageuse et bénéfique à l’Afrique, comment doit elle s’organiser ?
Par ailleurs, quelle identité d’intelligence économique l’Afrique peut-elle avoir ? Les Etats africains peuvent- ils avoir le contrôle exclusif des secteurs dits stratégiques de leur économie en s’inspirant des principes de l’intelligence économique ?
L’élaboration d’une démarche d’intelligence économique en Afrique serait l’un des défis stratégiques pour le continent, l’application correcte d’une bonne démarche de l’IE pourrait anticiper les erreurs, improvisations, anarchie décisionnelle qui ne peut qu’être facteur de recul de l’économie africaine. 

Une bonne démarche d’intelligence économique peut faire améliorer les entreprises africaines et les faire migrer à une gestion plus dynamique.
Avec une ouverture prudente, la Chine a pu garder le contrôle de son économie, en s’appuyant sur les investissements étrangers, avec comme objectif la mise à niveau technologique et managériale de son économie, mais en mettant en place une stratégie défensive de ses secteurs stratégiques, afin d’éviter toute fuite d’information.
C’est cette orientation qui favorise aujourd’hui la croissance extraordinaire de son économie. Aujourd’hui, les entreprises africaines doivent savoir tirer d’avantages des transferts technologiques; leur rôle ne doit plus d’être commercial mais productif, innovant et créatif. L’Afrique peut contrôler parfaitement ses matières premières, de l’exploitation à la commercialisation. La mise en place d’une approche offensive de l’Intelligence économique propre au continent serait un parfait stratagème visant l’amélioration et le rayonnement du continent à l’échelle mondiale. Désormais, il est admis qu’il faut être en veille comme les Chinois, analyser comme les Français, agir comme les Américains. L’Afrique doit, à l’ère de l’information, répondre à une question : quel doit être mon business ? La formulation, la sécurisation et la diffusion de l’information économique dans les secteurs dits stratégiques, doivent se faire par les Africains eux-mêmes, c’est à ce prix, sans doute, que l’Afrique pourra parachever son indépendance économique.