dimanche 22 janvier 2012

Nearshore : la Tunisie veut être le Bengalore méditérranéen

Entre la révolution du Jasmin et les prochaines élections, la Tunisie ne peut attendre. Des chefs d'entreprise de l'IT ont donc créé une association pour développer le nearshore et trouver des débouchés aux dizaines de jeunes diplômés sans travail.


La ville de Bengalore en Inde a su devenir la Silicon Valley du sous-continent. La fonction de simple sous traitant est recouverte par des compétences en développement et en R&D de niveau mondial. Un tel exemple inspire de nombreux pays.
La Tunisie elle n'a pas la même taille mais offre en revanche une grande proximité avec le vieux continent. On parle de nearshore et non pas d'offshore avec de nombreux atouts que les chefs d'entreprise locaux veulent promouvoir rapidement.

En janvier 2011 des chefs d'entreprise locaux ont crée une nouvelle association : TACT (Tunisian Association for Communication and Technologies, Association tunisienne pour la communication et la technologie).
Notre but souligne Badreddine Ouali, directeur général de Vermeg et porte-parole de TACT est double : procurer des débouchés sur place aux jeunes diplômés et promouvoir la Tunisie comme destination nearshore.

32 000 de ces demandeurs d'emplois en TIC

La Tunisie compte 230 000 chômeurs diplômés, 40 à 45 000 de plus chaque année. La situation ne fait qu'empirer. 32 000 de ces demandeurs d'emplois appartiennent au monde des TIC, 12 000 sont formés chaque année toutes filières confondues. Or selon Tact ce sont 50 000 emplois qui peuvent être créés en Tunisie en BPO (externalisation de processus administratifs, paie, centre d'appels, etc...) ou IPO (externalisation de fonctions informatiques).

Pour y arriver Tact veut séduire les grands prestataires des TIC, comme HR Access, HP, Sungard, Alcatel, ST Microelectronics. L'association intervient dans des séminaires et des salons pour promouvoir la Tunisie en tant que future place nearshore mondiale.

La concurrence est rude. Mais la Tunisie estime avoir de nombreux atouts selon Badreddine Ouali : son niveau d'éducation élevé, le fait que le pays soit très francophone mais aussi italophone et anglophone, les infrastructures haut débit et les zones d'entreprises, la proximité (une à deux heures d'avion de l'Europe). L'inde n'est pas concurrente, Wipro et TCS pourraient même s'y implanter et les grands donneurs d'ordre européen trouver intérêt à se procurer un back up de leurs grandes implantations indiennes.